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1 décembre 2018

Matériel équestre: avez-vous peur de vos outils?

1.12.18 0 Petits Mots
Avez-vous peur du matériel équestre? Oui, vraiment, je vous pose la question: avez-vous peur des outils que vous utilisez ou pourriez utiliser avec vos chevaux? Non, cette question n'est pas si stupide qu'il n'y parait au premier abord, et la réponse n'est pas si évidente.

Réfléchissons à cette question autrement. Avez-vous parfois dit ou pensé " je n'utilise pas de mors/chambrière/éperons/cordelette/selle/bride/cravache/bombe/enrênements/licol corde... parce que cela fait mal à mon cheval/lui fait peur/est dangereux/je n'aime pas ça/est inutile" (rayer les mentions inutiles). Si vous avez répondu oui à cette question, il est possible que vous ayez peur du matériel cité, et que vous (vous) cachiez cette peur sous d'autres arguments.


Ce qui m'interroge souvent, c'est le choix d'utiliser ou non un mors. De nombreux cavaliers de loisirs s'enorgueillissent de ne pas utiliser cet outil de torture qu'est le mors, non ça jamais. Mais alors, tous nos grands cavaliers de l'équitation de tradition française auraient été si mauvais avec leurs chevaux? Ou bien l'argument de ne pas faire mal ne viendrait-il pas souvent d'une peur de mal faire? Est-ce que nous justifions cette peur que nous avons de mal utiliser un simple outil en le diabolisant et le rendant coupable de tous les maux? Bien sûr que le mors a des inconvénients, mais c'est aussi le cas des ennasures. Il suffit d'observer un crâne de cheval pour s'inquiéter de ce qu'on posera sur cet os si fin, tout comme on peut s'inquiéter de la sensibilité d'une bouche. Je préfère de loin un mors simple et doux à un hackamore bien plus agressif (mais dire qu'un outil est agressif, c'est déjà exprimer une forme de peur de cet outil en lui donnant des attributs humains).

Moi, j'utilise aussi cet autre outil bien mal compris qu'est la récompense alimentaire. Car oui, dès lors qu'elle est utilisée dans l'apprentissage, je crois qu'on peut la considérer comme un outil. Un outil tellement efficace, notamment associée au clicker, qu'elle peut faire naitre de la frustration et des mauvaises habitudes chez le cheval si elle est mal utilisée. Et ce sont ces mauvais comportements qui souvent font naitre la peur de la friandise. Une peur souvent cachée sous le discours "je veux que mon cheval m'aime pour moi-même, pas pour la bouffe", en oubliant qu'il serait tout aussi (in)valide si on remplaçait " pour la bouffe" par " pour la recherche de confort" ou "pour éviter les coups de talons". Et pourtant, regarder travailler des cavaliers expérimentés en clicker training et leurs chevaux, ben c'est beau!


Alors je crois qu'il est essentiel de commencer d'abord par comprendre les peurs qui sous-tendent nos choix, nos arguments, nos extrémismes. Allons creuser un peu plus loin, même si c'est inconfortable et que ça nous dérange, pour trouver le vrai pourquoi de nos arguments contre certains outils.

Un outil n'est que cela, un objet dont les effets dépendent de l'utilisation que nous en faisons. Certains seront conçus pour avoir un effet plus coercitif, mais ils n'auront cet effet que parce que l'humain les emploie sur le cheval d'une façon donnée. Ben oui, une cravache, ça peut fouetter et blesser, ou bien caresser en chassant ces enquiquineuses de mouches!


 Alors, au lieu d'avoir peur des outils, et si nous apprenions à nous en servir? À en connaitre les avantages et les inconvénients, les atouts et les limites. À savoir en faire des alliés plutôt que des ennemis. À les manipuler tout en douceur et en respect. Et à enseigner au cheval comment y répondre. Et c'est là, seulement, quand nous saurons les utiliser vraiment, que nous pourrons les juger. En arrêtant d'avoir peur de notre matériel, nous pouvons apprendre à le contrôler et à connaitre ses secrets. C'est cette connaissance qui pourra nous faire décider de l'utiliser ou non, dans notre cas particulier, avec un cheval donné. Sans ériger en fierté le rejet d'un bout de métal ou de corde, mais en se réjouissant d'être dans le vrai pour notre propre situation.

Nous avons le droit d'avoir peur de mal utiliser un objet, de blesser ou de nuire. Mais il est important de comprendre que ce dont nous avons peur, c'est de l'utilisation que nous pourrions en faire, pas de l'objet en lui-même. Et que si nous-même ne maitrisons pas cette utilisation, pour beaucoup d'outils d'autres peuvent le faire très bien, dans le respect du cheval et de son intégrité. Alors en acceptant cette peur, nous pourrons avancer sur les choix que nous ferons vis-à-vis de cet outil. Que ce soit d'apprendre à nous en servir, ou bien d'en choisir un autre, mais sans juger ceux qui l'utilisent intelligemment.

Chaque choix est valable, mais il est important qu'il soit justifié pour votre cheval. Que sa raison ne soit pas un argument générique qui cache vos inquiétudes ou votre incompétence. Les objets ne sont pas responsables de l'utilisation que l'on en fait, seul l'humain a le pouvoir d'en faire des monstres ou des peluches. 


Alors, avez-vous peur de certains outils?

23 septembre 2018

Quiz : quelques notions d'alimentation du cheval

23.9.18 0 Petits Mots
Aujourd'hui je vous propose un petit quiz sur les fondamentaux de l'alimentation du cheval. Saurez-vous trouver toutes les réponses?

C'est parti!

  • Question 1 : L'alimentation principale du cheval doit être composée de:
    • granulés?
    • fourrage (herbe ou foin)? 

  • Question 2 :  Un cheval au pré passe environ
    • 8 heures
    • 16 heures
         par jour à brouter?

  • Question 3 : Qu'est-ce qui est essentiel dans l'alimentation du cheval?
    • un aliment concentré (granulés, floconné, céréales,...)
    • des minéraux et vitamines

  • Question 4 : Un cheval sait réguler tout seul les quantités qu'il mange?
    • Vrai
    • Faux
 
  • Question 5 : L'herbe est toujours bonne pour la santé du cheval?
    • Vrai
    • Faux

  • Question 6 : Les céréales sont un aliment adapté pour les chevaux?
    • Vrai
    • Faux



Réponses en images:

Réponse 1 : fourrage (le cheval est un herbivore)

Réponse 2 : 16 heures (c'est un besoin physiologique)

Réponse 3 : des minéraux et vitamines (en CMV ou dans les aliments concentrés, plus une pierre à sel)

Réponse 4 : question piège. C'est vrai (variation du temps de pâturage) et faux (tendance à surconsommer)

Réponse 5 : faux (il existe des plantes toxiques, et l'herbe trop riche est mauvaise)

Réponse 6 : Non (les chevaux digèrent très mal l'amidon)


Si ce quiz vous a plu, rdv sur mon compte Insta @cavalierrerando pour d'autres quiz à venir.

Et pour en savoir plus sur l'alimentation du cheval et la gestion des prairies, je vous recommande Angélique Descarpentry d'Equi-transm'être.

12 août 2018

Escapade champenoise

12.8.18 2 Petits Mots
Un sidepull à tester. Complicité. Et si on partait se promener? Juste elle, juste moi, un dimanche ensoleillé.

D'abord partir à pied, vers notre coin à herbe habituel. Ici on prend le temps de se poser. Respirer, se connecter. Tout confort pour grignoter. Et puis me hisser sur son dos, doucement, partir, s'évader. Le goudron, les maisons, vite dépassés. Le petit pont, sur la rivière déssechée par l'été.

À gauche aujourd'hui, pour changer. Tiens, le maïs a poussé, voilà bien longtemps qu'on était pas venues de ce côté. Mur végétal qui nous dépasse. Et de l'autre côté, ces arbres à la verdure de fin d'été, broussailles qui dissimulent la tristesse du ruisseau sans eau.

Pénombre dans l'allée, jeux d'ombres. Zigzags moqueurs, méandres qui cachent la peur. Et si on trottait pour les affronter. Tout en douceur, nous sommes vainqueurs, pas de frayeurs. Ralentir au tournant, arracher des touffes d'herbes en passant. Ensuite on le sait bien, c'est la montée enherbée, où l'on peut se lâcher.

Dans ce galop spontané, les maïs faiblissent. Le regard libéré, sur la plaine endeuillée. Chaumes hérissés, terres retournées, temps suspendu entre les cultures d'hier et demain. Les limites n'ont plus court en cet instant.
Infini...

Et puis devoir lui rappeler de s'économiser, ne pas trop s'essouffler. Un passage sur le goudron posé là sera plus convaincant que moi pour repasser au pas. Deux oreilles dirigées, quelques pas, vers le chemin le plus court pour rentrer. Inviter, proposer de prolonger, les allures de son choix. Alors ce galop sauvage, volontaire, comme pour avaler plus vite les kilomètres de la terre. En descente aussi? Ok, si elle veux, on y va, c'est son choix. Cet équilibre si bien maitrisé.

Les rênes se sont depuis longtemps posées, le petit mousqueton si mignon en fonction. Des mains qui ne savent plus que faire, se poser sur les cuisses, ou bien se tendre telles des ailes dans cette envolée. Oh, et si on saluait le TGV? Ah mince, il est trop vite passé.

Redescendre sur terre, redescendre de la vitesse, un peu, simplement, un temps pour récupérer. Tourner, tourner, et déjà le chemin n'est plus celui de l'aller, le retour pointe le bout du nez. Le regard face à l'astre éblouissant, sous la caresse du vent, viens, nous deux, on va s'envoler. Pointes de chanvre qui se gondolent, toutes étonnées de nous voir si vite passées. Une tête qui se tourne au bout du champ, pour vérifier que ces géantes ne nous avait rien dissimulé.





Oui, ce chemin là, sans les mains, on le prend. Trotter sur ce bout goudronné? Pas convaincues, mais on essaie. Soudain la poigne du vent nous happe, l'ombre des arbres nous drape, le soleil s'est planqué. Douceur bienvenue pour les corps transpirants. Seule sursaut du voyage, un copain dans son pré, aparté inattendu. Salut les poulains.

Dernier chemin, à l'abri du jour. Un peu de galop, et ce trot, si vif, qui envoie tant de générosité, et d'envie de rentrer. Les vaches impassibles que pourtant elle tente d'éviter, mais dans les betteraves, une mauvaise idée.

Et soudain, déjà, on retrouve le pont, on retrouve le goudron. Le pas pour respirer. Une pomme solitaire s'est invitée là, elle ne résistera pas à la gourmandise d'une bouche libérée. Les maisons, l'église, un enfant, des chiens. L'arrêt de sécurité pour traverser la rue, et les écuries qu'on connait si bien.

Fin d'une parenthèse d'une heure, ou était-ce une journée? Des instants qui continuent encore un temps à faire battre mon cœur un peu plus fort, un peu plus présent, un peu plus vivant.



3 août 2018

Comment bien gérer son budget cheval?

3.8.18 4 Petits Mots
L'équitation, une passion qui coûte cher? Fort possible, mais connaissez-vous réellement votre budget "cheval" annuel? 

Personnellement, j'ai du mal à connaitre mes dépenses réelles pour mes chevaux. Dommage quand on sait que ces montants peuvent vite augmenter!


Je me suis donc penchée sur les solutions pour réaliser un suivi de mon budget sans me compliquer la vie, et je vous partage donc le résultat de ce questionnement (avec mon modèle de solution à récupérer à la fin de cet article).

Objectifs et critères:
  • pouvoir retrouver toutes mes dépenses "cheval" par type de dépense (pension, soins, matériel,...)
  • pouvoir facilement connaitre mes dépenses annuelles et mensuelles par cheval
  • noter rapidement ces informations avant d'oublier et les retrouver aisément, peu importe où je suis

Quelles solutions pour suivre son budget?

La version papier 

Dans un premier temps, j'ai créé un classeur papier pour pouvoir saisir mes dépenses, mais aussi entrer toutes les infos de suivi santé de mes chevaux.



Avantages : c'est complet, détaillé, personnalisé. Tout est au même endroit.

Inconvénients : c'est long à remplir, fastidieux, et pas facile à transporter

C'est pour vous si : vous aimez écrire et retrouver des comptes-rendus complets de vos séances.

Ce n'est pas pour vous si : (comme moi), vous n'êtes pas patients, vous voulez aller vite et accéder partout et tout le temps à vos infos (Oui, j'ai abandonné cette solution depuis longtemps).

Le choix de la rédac' : si vous n'avez pas l'idée ou l'envie de créer votre propre classeur, il y a le planner équestre The Horse Riders, prêt à être personnalisé avec la vie de votre cheval.


L'appli de gestion des chevaux

Il existe plusieurs applications dédiée à la gestion de vos chevaux au quotidien. Elles vous permettent de planifier vos entrainements, suivre vos rdv, enregistrer vos dépenses, ... pour chacun de vos chevaux.

Avantages : Toujours dans votre poche, accessible à tout moment, pratique pour partager les infos avec vos amis ou votre DP.

Inconvénients :  toutes les applications ne permettent pas le suivi d'un budget, et c'est souvent peu détaillé. Elles sont nombreuses donc vos amis n'auront pas forcément la même et il faut choisir. Pas forcément adapté pour les cavaliers non propriétaires.

C'est pour vous si : vous êtes toujours connectée, le smartphone à portée de main.

Ce n'est pas pour vous si : vous voulez pouvoir retrouver facilement les détails de vos dépenses ou regrouper les montants selon le type de dépense. 

Le choix de la rédac' : j'ai testé plusieurs applications avec en tête mon critère de suivi facile de mes dépenses. Si toutes permettent d'enregistrer un calendrier, des dates de soins par exemple, il est plus rare de trouver une appli qui donne accès à un budget d'un coup d’œil. Celle qui m'a le plus plu pour cela est Ekism ID, qui permet de rentrer tous les événements de soins et d'entrainements, avec leur coût, et de retrouver ces dépenses mensuelles et annuelles dans un tableau de bord.


La version "Dans mon drive"

J'ai finalement choisi de créer mon propre tableur de suivi, un pour chaque cheval, dans Google Drive. Cette solution me permet de rentrer toutes mes dépenses, et de retrouver mes dépenses par mois et par catégorie. La version Drive est accessible aussi sur mon smartphone via l'application Google Sheets, donc aussitôt dépensé, aussitôt noté. Comme ça, pas d'oubli.



Avantages : un tableur unique par cheval, détaillé par catégorie de dépense, accessible partout et qu'on ne perd pas. Avec des jolis graphiques récapitulatifs pour voir dans quoi je dépense le plus, la possibilité de retrouver rapidement les dates des derniers soins, et facile à adapter aux besoins du moment avec des catégories modifiables.



Inconvénients : dédié uniquement ou presque à la gestion du budget.

C'est pour vous si : vous souhaitez une solution simple, accessible sur tous vos écrans. 

Ce n'est pas pour vous si : vous voulez quelque chose de complet qui intègre d'autres informations que les finances, ou si vous voulez gérer de nombreux chevaux.


Le choix de la rédac' : 

Je suis partie d'un modèle Google Sheets que j'ai adapté à ma sauce et selon mes besoins cavaliers. Le résultat est un classeur dans lequel je peux entrer toutes mes "transactions", et qui calcule tout seul le montant global de mes dépenses, par mois, par an et par catégorie. Il est même possible d'y entrer des recettes, par exemple si vous avez une DP, tout simplement en indiquant un montant négatif.



Si vous aussi vous souhaitez tester cette solution, je vous partage ce modèle de document accessible via ce lien.
Il vous suffit de sélectionner fichier>créer une copie pour le copier dans votre Drive, et vous pourrez alors l'adapter et l'utiliser comme vous le voudrez.


Alors, et vous, comment faites-vous pour suivre votre budget poney? Que pensez-vous de ma solution?

Et si jamais vous vous demandez toujours combien ça coûte par an, un poney, je vous invite à consulter cet article des Musards sur le sujet.

22 juillet 2018

Petites victoires et grands progrès

22.7.18 8 Petits Mots
Des petits riens. Des riens du tout. Des détails insignifiants. De minuscules progrès. Des avancées négligeables. Des subtilités si faciles à ignorer. Rien que de petites victoires.

Mais des petites victoires qui sont tout. Mises bout à bout, pas à pas, les petites victoires font les grands progrès.

On a commencé avec une jument qui tendait l'encolure à fond pour attraper le bonbon sans avancer un pied. Puis le pied a avancé. Puis l'autre. Et puis aujourd'hui, le bout du nez irait bien se glisser tout seul dans la sacoche à friandises.

Il y a eu partir marcher 10 minutes pieds nus sur le goudron. Puis 15. Puis y retourner montée. Commencer à aller sur les chemins, la laisser choisir son chemin, prendre les bordures enherbées. Oser quelques mètres au pas dans les cailloux. Et un an et demi après, la voir demander le trot sur un chemin où il n'y a que des cailloux, et le garder.

Il y a eu les séances en carrière, à s'ennuyer à dérouler un répertoire trop bien rodé. Puis la première balade rien que toutes les deux, le stress à maitriser. Apprendre à se comprendre à demi-mot. Lâcher les rênes. Autoriser d'un geste à s'élancer. Galoper sans les mains sans les pieds, sensation de liberté. Et un jour oser enlever ce mors qui nous a toujours accompagnées. Demain peut-être oser partir ainsi se promener.

Il y a eu l'observation tranquille dans le pré. Puis la découverte de ses zones de gratouilles préférées. Et aujourd'hui me faire bousculer pour virer un taon un peu trop gênant.

Il y a eu demander le pied, insister pour le soulever. Devoir tirer pour l'obtenir, avoir peu de temps pour le garder. Il y a eu l'utilisation répétée du «donne», et le tapotement du boulet. Il y a eu ce premier postérieur donné de lui même à ma demande. Puis l'antérieur. Il y aura j'espère bientôt cette réponse toujours acceptée.

Il y a eu cette bataille pour réussir à parer. Un Bébé qui bouge, des pieds repris brutalement, tous les deux de l'énervement. Et puis trouver qu'il est bien plus facile à parer en liberté qu'attaché, du foin sous le nez.

Les grandes batailles sont souvent inutiles, les plus belles victoires se font sans combat.

Nous n'y voyons que de petits riens, mais c'est d'eux que naissent les grands progrès. Des petites victoires du quotidien viennent les plus belles réussites.

Ne croyez jamais que ce que vous avez acquis, ce n'est rien. Car chaque pas prépare le prochain. N'écoutez pas celui qui vous dit que c'est sans importance, quand pour vous c'est une jolie étape sur le chemin.

Lorsque je me retourne sur le chemin parcouru, je vois aujourd'hui les petites victoires que l'on a semées, celles qui font que j'ai aujourd'hui une jument si épanouie désormais. Une jument qui sait ce qu'elle veut, et qui sait le dire, et que j'ai appris à écouter. Il y a même ces petites victoires que je n'ai pas vu passer, tant elles furent fugaces. Mais l'ensemble est là dans le résultat.

Les grands progrès ne sont pas soudains, ils sont tant dans la subtilité des progrès quotidiens que souvent on les oublie. Alors parfois, quand tu crois que ça ne va pas, ne regarde pas hier ou avant-hier, mais regarde il y a une semaine, un mois ou un an, et tu verras les petites victoires briller comme des pierres précieuses semées sur votre chemin.

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Cet article est ma participation à la Cavalcade des blogs de juillet, organisées par Débo Evanell du blog Philosophie cavalière, sur le thème des petites victoires.


6 avril 2018

La confiance - Conclusion de la Cavalcade des blogs

6.4.18 0 Petits Mots
La confiance en équitation : c'est pour vous toutes un point essentiel de toute relation. Une confiance aux multiples facettes, difficile à construire et pourtant fragile.


Voici donc les 13 participations à la Cavalcade des blogs de mars 2018, qui éclairent les multiples facettes de la confiance. 13 participations riches chacune des ressentis personnels et des belles histoires des blogueuses.

Allez vite les découvrir:








Merci à toutes pour ces magnifiques participations. Et si la Cavalcade vous manque déjà, rendez-vous pour la nouvelle édition chez "Une fille à cheval".

18 mars 2018

Ferrure ou pieds-nus ? Invitation à un changement de perspective

18.3.18 11 Petits Mots

Il est une chose qui m'étonne toujours. Dès qu'on parle de mettre un cheval pieds nus, la question qui vient est "pourquoi déferrer"? S'il est bien comme ça, pourquoi retirer ses fers? Question légitime bien sûr, et je ne vous rabâcherai pas les arguments des uns et autres sur le sujet. Non, moi ce qui m'étonne, c'est cette question : "pourquoi déferrer?". J'ai l'impression que ce n'est pas la bonne, ou du moins pas celle qui devrait venir en premier.

Non, la première question que je vous invite à vous poser, c'est "pourquoi ferrer"?

Dès que l'on commence à travailler un cheval, on nous dit qu'il faut ferrer. Parce que dans nos esprits, un cheval non ferré ne peut pas travailler. Alors, la majorité des chevaux sont ferrés dès le plus jeune âge, quand ils commencent à travailler. 


Ayant tout appris sur des poneys de club pieds nus, même ceux qui allaient à Lamotte (et ce n'était pas par conviction mais probablement plutôt pour des raisons économiques), je n'ai jamais réussi à comprendre en quoi eux pouvaient ne pas être ferrés alors que les chevaux qui travaillaient pareil l'étaient. Et aujourd'hui, de plus en plus de cavaliers nous prouvent qu'un cheval pieds nus peut travailler, du cheval de loisirs au cheval de compétition.

Alors, ce qui me dérange aujourd'hui, ce n'est pas qu'on ferre certains chevaux, c'est plutôt qu'on voit la ferrure comme la situation par défaut. On ferre d'abord, on réfléchit à déferrer ensuite. Or, l'évolution a doté les pieds des chevaux d'une structure incroyablement complexe capable de porter leur poids et de gérer les chocs liés à leurs déplacements. Pourquoi ne pas essayer d'aider ce système élaboré qu'est le pied à fonctionner correctement avant de chercher à substituer son rôle par divers artifices?

Voilà donc le changement de perspective auquel je vous invite. Non pas se demander pourquoi déferrer, mais plutôt se demander en premier lieu pourquoi ferrer? Est-ce nécessaire? Ai-je essayé d'abord de laisser le pied de mon cheval jouer son rôle? Pourquoi ne pas d'abord le garder pieds nus et voir si ça fonctionne pour lui?

Est-ce que je ferre par tradition? Par habitude? Par conviction? Est-ce que je ferre par peur? Est-ce que je ferre parce qu'il a mal? Et dans ce cas, pourquoi a-t-il mal, et est-ce la ferrure la meilleure solution pour soigner cette douleur? Est-ce que je ferre parce que j'ai vu que le travail effectué entrainait une usure trop conséquente de ses pieds? Est-ce que je ferre pour soigner une pathologie? Est-ce que je ferre parce que j'y vois la meilleure solution pour mon cheval?

Il s'agit de retourner la question, de comprendre que nous ne nous posons pas toujours la bonne question, plutôt que de se battre pour les réponses à lui apporter.

Bien sûr, la réponse pourra parfois être que la ferrure est nécessaire. Et parfois non. Mais ce sera réfléchi, pour chaque cheval dans son cas précis et pour ses besoins particuliers. Parce qu'il ne faut jamais oublier que chaque cheval est unique.

La question est n'est pas si différente pour les chevaux qui sont déjà ferrés aujourd'hui, même si on pourrait le croire à priori. Puisqu'un cheval doit être referré toutes les 6 à 8 semaines, la question peut se poser à chaque ferrure: pourquoi ferrer, à nouveau, ici et maintenant? Seulement parce qu'il était déjà ferré avant, ou bien pour d'autres raisons? Quelles sont mes raisons pour ce choix renouvelé si régulièrement?

Évidemment, la transition pour revenir aux pieds nus quand un cheval porte des fers depuis de nombreuses années est parfois complexe et pas forcément utile. Dans leur cas, la question "pourquoi déferrer" et sa contraposée "pourquoi ne pas déferrer" sont aussi importantes, et viennent compléter la réponse à la première question.

Lequel de ces pieds est le plus fonctionnel? Même antérieur gauche, après 8 mois de parage (à gauche) et après 3 mois de ferrage, au début du (re)passage pieds nus (à droite)

Pensons aussi à la prochaine génération de chevaux qui arrivent. Eux n'ont pas encore connu les fers, alors peut-être n'en auront-ils pas besoin de toute leur vie. Et peut-être que si pour certains, mais il faut essayer pour savoir.

Décider de ferrer un jeune cheval, c'est une énorme responsabilité, bien trop souvent écrasée par le poids de la tradition. Pourtant cette décision, comme celles de l'âge du débourrage ou de la méthode d'apprentissage utilisée, aura des conséquences tout au long de sa vie. Ne la prenons pas à la légère!

Nous avons, vous avez toujours le choix des décisions que vous prenez pour vos chevaux, et ce ne sont pas les jugements d'autrui qui doivent vous forcer dans ceux-ci. Ce que j'aimerais simplement, c'est que chacun de ces choix soit fait en conscience, de façon réfléchie et non systématique. Le premier choix qui est fait pour la santé des pieds d'un cheval, ce n'est pas déferrer, c'est bien ferrer!

Alors voilà, je vous invite simplement à vous poser cette question avant de ferrer votre cheval : pourquoi ferrer ce cheval en particulier? En quoi en a-t-il besoin? Et de dépasser le simple et trop fréquent "c'est le maréchal qui m'a dit que ça n'irait pas s'il n'est pas ferré". Et alors, peu importe votre décision, elle aura été prise en conscience. Vous en connaitrez les raisons et vous saurez les expliquer si vous en avez envie. Et cette idée s'applique d'ailleurs pour beaucoup de nos décisions pour nos chevaux.

Et puis, n'ayez pas peur de revenir sur vos décisions. Votre cheval a trop mal aux pieds et il n'y a pas de solution pieds nus? Ferrez! Il n'est pas bien dans ses fers, et les changements de type de fers n'ont rien amélioré? Déferrez! Vous avez trouvé le professionnel qui travaille comme il vous convient? Suivez ses conseils! Nous changeons, nos chevaux évoluent, les techniques aussi. Alors n'oublions pas de continuer à nous poser des questions!

D'ailleurs, j'aimerai beaucoup connaitre le pourquoi de vos choix. Pas pour juger, mais au contraire pour comprendre ce qui peut nous guider vers l'un ou l'autre choix, parce que chaque histoire est unique. Pourquoi avez-vous ferré votre cheval? Ou pourquoi l'avez-vous gardé pieds nus? Ou déferré? Ou pourquoi avez-vous fait des choix différents selon vos chevaux?