@cavalierrerando sur Instagram

24 février 2018

Du pouvoir des étiquettes

24.2.18 1 Petits Mots
«C'est un entier». Que pensez-vous quand vous entendez ces mots? Quelle image vous faîtes-vous du cheval en question? Quels sont les idées, les représentations qui vous viennent à l'esprit? Prenez quelques instants pour réfléchir à cette question.

Je vais en profiter pour vous parler de mon poulain. First, c'est un jeune Gypsy Cob de 3 ans. Un joli pie bai tobiano, des crins et fanons exubérants. Gentil, joueur, mais un peu envahissant. Sûr de lui et sans peur, qui affronte avec sérénité les monstres que je lui propose. Calme et confiant. Une bouille à bisous, un corps de rêve, une petite moustache coquine en hiver. Le tombeur des écuries, même avec de la boue jusqu'aux coudes. Toujours curieux,  souvent motivé, volontaire. Toujours zen, rarement inquiet. Capable d'une patience à toute épreuve couplée à une tête de mule carabinée, efficace pour faire comprendre quand il n'a pas envie. Avec une malheureuse tendance en ce moment à vouloir mordre ce qui passe à sa portée, moi comprise. Un petit malin, un brin provocateur, qui comprend vite ce qu'on lui demande. Bref, un jeune cheval qui découvre la vie avec joie et enthousiasme.

Tête de cheval en train de brouter derrière des fleurs blanches

Ah oui, et aussi, First est entier. Est-ce qu'il colle aux idées qui vous sont venues à l'esprit au début? Est-ce l'image que vous vous étiez faîte? Voyez comme ce terme a créé en vous une représentation, un cadre dans lequel vous pensez que le cheval doit rentrer.

Et cette étiquette nous précède partout. Quelle différence quand on cherche une pension pour une jument ou un entier! Quand je venais avec un poulain joueur qui a besoin de compagnie, on m'a souvent parlé de le sortir obligatoirement seul, de paddocks éloignés des autres,... On m'a dit «je peux pas, j'ai des juments»... Aujourd'hui, j'ai eu la chance de trouver quelqu'un prête à essayer de le prendre. Aujourd'hui, il est au paddock tous les jours avec un hongre, séparé par une allée du paddock des juments. Il n'y a pratiquement jamais de courant dans les fils du paddock, parce qu'il est hyper respectueux. Je peux croiser une jument sans qu'il exprime plus de curiosité pour elle que si c'était un hongre. Je cherche encore le méchant entier agressif et obnubilé par les filles. Alors oui, il est encore jeune, il va peut-être changer. Mais en attendant, c'est un hongre qui casse les fils de son paddock régulièrement et fonce sur les gens sur son passage. C'est un hongre qui l'attaque oreilles en arrière quand je passe devant son box. C'est une jument qui vient lui dire bonjour quand il pionce à l'attache à côté de son paddock.

Et malgré cela, l'étiquette revient. Il a tendance à mordre? C'est parce qu'il est entier! Il essaie de se cabrer pour impressionner? C'est parce qu'il est entier! Et vous savez le pire? C'est que moi-même je me fais avoir! L'étiquette devient la justification simple pour tout expliquer. Elle en vient à précéder l'identité du cheval, à conditionner les comportements que j'attends de lui. Des fois, moi aussi, je me dit «c'est normal, il est entier». Alors qu'en fait, c'est juste un jeune cheval qui découvre et qui s'exprime. Qu'il faut que j'écoute sans tenter de le faire rentrer dans une case.

Voilà la puissance d'une étiquette. Celle de mettre des représentations devant la réalité. Une étiquette peut venir à nous faire manquer ce qui est sous nos yeux.

Oui, "entier", dans le monde du cheval, c'est un gros mot. Un mot qu'on ne veut pas entendre, qu'il ne faut surtout pas prononcer. Parce que ce à quoi on l'associe fait peur, parce qu'on en a une idée de danger, qu'on lui donne une connotation négative. Cela ne devrait être qu'un simple mot, mais le sens lourd qu'on lui donne fait de lui un gros mot.

Cheval Gypsy Cob pie bai qui fait un flehmen

Des gros mots comme celui-là, des étiquettes, il y en a bien d'autres au pays des chevaux.

Certains ne sont pas très polis au départ, de vrais gros mots. Tiens, la pisseuse par exemple, cette jument caractérielle, désagréable, chiante. D'autres, le plus souvent, ont une apparence bien anodine. Le grand classique? Poney pardi. Vous savez, ce grand têtu, ce petit malin, mignon et coquin, mais mal éduqué et juste bon à apprendre l'équitation et l'art du vol plané aux enfants. Et puis, il y a toutes ces races à qui nous avons associé des caractéristiques. Trotteur, voire trottinette? Pur-sang? Cheval de trait?

Certaines de nos étiquettes sont même passées dans le langage courant : qui n'a pas une tête de mule dans son entourage? Pauvre mule qui n'a rien demandé à personne et qui est bien plus qu'un animal têtu!

Il y a des étiquettes qui viennent avec nos chevaux, et celles qu'on veut leur coller. Cheval de sport ou cheval de loisir n'ont ainsi pas la même image. Il y a des étiquettes assumées, et des étiquettes subies. Je refuse pour ma jument celle de "retraitée", parce que ma jeune mamie, malgré les joies de son début d'arthrose, est beaucoup, beaucoup plus qu'une tondeuse à gazon.

Bien sûr, il y a toujours un fond de vérité dans ces étiquettes. Nous les avons créés pour donner un cadre, pour mieux comprendre, pour guider notre compréhension de l'autre. Difficile d'oublier qu'on a un entier au quotidien. Mais il est important de ne pas se cantonner à l'étiquette, et surtout de ne pas y enfermer son cheval. De redonner aux mots leur valeur de mots, et non pas de gros mots. Apprendre à ne pas se faire dévorer par des idées préconçues, pas simple, mais pourtant essentiel. Il faut courir après nos interprétations, nos attentes, pour ne pas les laisser nous bloquer. Oui, on peut dresser avec un cheval de trait, sans se laisser enfermer derrière son étiquette de cheval lourd. Tout en n'oubliant pas les limites que lui impose sa nature.

Une étiquette, c'est un mot que nous attribuons au cheval pour le décrire. Ce n'est au départ rien qu'un petit mot, que nous chargeons de sens. De sens positif ou négatif, et souvent de beaucoup d'interprétation. Et c'est de là qu'il tire sa force. Les étiquettes sont puissantes, et selon l'usage que l'on en fait, elles peuvent devenir un moteur ou un frein.

Je vous invite à voir ces étiquettes comme des guides, des barres au sol qui tracent un chemin, une bulle de sécurité pour mieux comprendre le cheval, un cadre doux et léger comme une plume, un rideau insaisissable et transparent. Mais trop souvent, nous faisons de ces étiquettes des murs, nous les érigeons en barrières dans lesquelles nous nous enfermons. Les étiquettes deviennent alors des pièges et bloquent notre regard qui ne peut plus porter au loin.

Parce que nous sommes nous-mêmes responsables du statut que nous donnons à ces mots qui sont des cases, nous pouvons choisir de ne pas les laisser prendre le contrôle de nos choix et de notre relation aux chevaux.

Surtout que le cheval, lui, ne connait pas ces étiquettes, il ne voit pas le cadre dans lequel vous l'avez posé dans votre tête. Il pourra donc le franchir aisément, il n'y est pas enfermé. Il ne voit pas le mur que vous utilisez pour l'encadrer, alors il est fort possible que vous vous retrouviez soudain chacun d'un côté de ce mur de mots. Et c'est à vous qu'il revient dès lors de démonter ce mur pour retrouver votre cheval.

C'est nous, et seulement nous, qui donnons du pouvoir aux étiquettes. Mais nous leur en donnons souvent beaucoup. Nous devrions nous souvenir que les mots sont puissants. Il ont la capacité de nous aider à comprendre, à avancer, à construire, mais ils peuvent aussi enfermer, parfois inconsciemment, et nous prendre au piège des interprétations qu'ils dégagent. C'est le sens que nous leur donnons qui leur donne leur pouvoir, qui en fait des gros mots. À nous de les faire dégonfler pour les faire redevenir des mots-compagnons, des mots-guides, des mots-précieux. 

Lorsque que vous vivez des moments difficiles avec votre cheval, pensez à lever les yeux vers ces étiquettes que vous ou d'autres lui ont collées. Prenez votre courage à deux mains pour percer le ballon des interprétations associées à cette case parfois trop étriquée, pour faire pleuvoir le nuage des jugements et des peurs que ce gros mot a nourri, et retrouver le soleil d'un mot simple et léger qui viendra éclairer votre chemin.

Une bonne étiquette est factuelle, utile, évolutive, non-contraignante et sans aucun jugement. Une bonne étiquette, c'est un espace de liberté, pas un enfermement. Votre cheval n'est pas qu'une série d'étiquettes, il est un être unique, complexe et riche. Les mots vous aideront à le comprendre, à vivre chaque jour à ses côtés, à travailler en bonne harmonie avec lui. Prenez simplement soin de ne pas laisser les mots grossir au point d'éclipser l'être vivant derrière.

Les étiquettes ont du pouvoir, mais nous avons le pouvoir d'en faire nos alliées.


Alors, quelles sont les étiquettes qui s'appliquent à vos chevaux? Sont-elles choisies ou subies, et quel pouvoir leur donnez-vous?

~~~~
Cet article participe à la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Lisa, du blog Pretty Riding, sur le thème "Les gros mots du cheval". Il pourrait cependant aussi s'appliquer bien au-delà du monde équestre.

8 février 2018

Au secours, mon poulain n'a qu'une couille!

8.2.18 0 Petits Mots
Je reconnais que ce titre est bien peu poétique, mais il est assez représentatif de la situation. Mon Bébé poney boulet ayant décidé de tester pour vous cette situation légèrement désagréable, je vous propose d'en savoir un peu plus sur cette situation et ses solutions potentielles. 

(Attention photos explicites... de poney!) 

Qu'est-ce qu'un cheval cryptorchide?

Petit point science du jour: un mâle qui n'a qu'un seul ou aucun testicule descendu est dit cryptorchide (et ce n'est pas vrai que pour les chevaux). Il peut être cryptorchide bilatéral si aucun testicule n'est descendu, ou unilatéral si l'un des deux est descendu.

Dans le monde équestre, on parle souvent de cheval pif (ce qui est avouons-le vachement plus simple à écrire que cryptorchide).

Le saviez-vous?  Les étalons ne sont pas matures sexuellement avant 6 ans (même s'ils peuvent déjà reproduire), et leurs organes sexuels se développent jusqu'à 12-13 ans.

Avez-vous déjà vu un testicule unique de poney? Maintenant, oui!
Les testicules descendent normalement dans les deux semaines qui suivent la naissance. Mais ils peuvent remonter ou redescendre régulièrement : la descente totale a lieu vers 18 mois, et parfois même jusqu'à 2/3 ans.

Saviez-vous que 5 à 8% des poulains mâles sont cryptorchides? Moi non plus!
Donc sur un tout jeune poulain, aucune raison de s'inquiéter s'il n'a qu'une couille. Par contre, si elle ne descend toujours pas au bout de quelques mois, le mieux est de demander son avis à votre vétérinaire.

Le testicule non descendu peut avoir différentes localisations : dans le canal inguinal ou intra-abdominal, ce qui veut dire en gros qu'il est plus ou moins descendu et donc plus ou moins proche de sa position normale.

Le vétérinaire peut donc pratiquer différents examens pour le localiser. Il peut commencer par une palpation scrotale (oui, oui, vous avez bien compris l'idée, je ne pense pas avoir besoin de vous faire un dessin). Il pourra aussi, selon les besoins, faire une palpation intra-abdominale (en passant la main par le rectum donc), une échographie ou un dosage du taux de testostérone.

Quelles conséquences?

Un cheval cryptorchide est un cheval qui a des testicules: il produit donc de la testostérone. Adulte, il aura donc un comportement plus au moins marqué de cheval entier et il peut réagir à la présence de juments, voire essayer de les monter. On dit d'ailleurs souvent des chevaux pifs qu'ils ont mauvais caractère.

Il est aussi possible que le testicule resté à l'intérieur soit mal placé et donc lui occasionne des douleurs, ce qui peut parfois expliquer l’agressivité de ces chevaux.

Même si le testicule non descendu ne produit en général pas de sperme, il reste producteur de testostérone. Le risque, avec un cheval cryptorchide adulte, c'est donc aussi de finir avec un poulain.  Le risque de tumeurs est aussi plus important sur le testicule non descendu.

Il n'est pas recommandé de ne castrer que le testicule descendu, votre vétérinaire ne le fera probablement pas. En effet, le cheval va garder son comportement d'entier puisqu'il ne sera pas vraiment castré, même s'il en a l'apparence extérieure. C'est donc un problème en cas de vente du cheval si l'acheteur n'est pas informé de la situation.

La castration d'un cheval pif est plus complexe qu'une castration classique. En effet, elle nécessite d'ouvrir plus ou moins l'abdomen du cheval, et est donc réalisée en clinique. Différentes méthodes existent, la plus répandue nécessite une anesthésie générale. En conséquence, cette opération est plus chère qu'une castration normale et présente les risques liés à une anesthésie.

Le savoir inutile :  l'opération chirurgicale qui permet de retirer les testicules cryptorchides s'appelle la cryptorchidectomie.

La castration est la solution recommandée par les vétérinaires. D'une part parce qu'il est supposé que ce caractère est héréditaire : les chevaux pifs ne sont donc pas admis à la reproduction dans les stud-books. D'autre part à cause du caractère souvent compliqué de ces chevaux, qui seront donc plus calmes s'ils sont hongres. Elle n'est cependant pas obligatoire.

Quand on découvre qu'on a un poulain cryptorchide...

Je connais First depuis sa naissance, et nous avons remarqué assez tôt qu'il n'avait qu'un testicule descendu, qui semblait d'ailleurs faire le yoyo. Nous lui avons d'abord laissé le temps de grandir. Vers ses 18 mois, la vétérinaire a confirmé le problème, en nous disant qu'il pouvait descendre jusqu'à ses trois ans. Puisqu'il vivait avec un hongre, il n'y avait pas d'urgence à agir, j'ai donc eu le temps de me pencher sur la question.

Il est en ressorti plusieurs pistes intéressantes à explorer avant d'envisager la solution radicale de la castration.


  • Le problème peut être lié à un manque d'oligoélements et de minéraux, et le corps n'arrive pas à suivre. Il faut donc apporter un complément minéraux et vitamines (CMV) adapté au poulain. On m'avait aussi conseillé les produits Ohm Bioalternatives pour booster tout cela.


  • Il peut aussi y avoir un blocage physique à l'origine du problème de descente. Donc, comme pour un cheval adulte, on pense ostéopathe et praticien shiatsu. 

  •  Il semble qu'il existe aussi un traitement hormonal par injection. Là, c'est bien évidemment votre vétérinaire qui peut le réaliser.

Pour First, j'ai donc fait venir une ostéopathe un peu avant ses deux ans. Qui a trouvé qu'il était bloqué au niveau de la hanche droite avant même de vérifier que c'était le testicule droit qui n'était pas descendu. Elle l'a donc manipulé pour tout remettre en place. Et trois mois plus tard, surprise... Un deuxième testicule avait pointé le bout de son nez!

Mais que voilà?

J'ai aussi par la suite ajouté un bloc minéral en libre accès (n'étant pas sur place pour lui donner un CMV tous les jours).

Et de 2!

Résultat, j'ai aujourd'hui un vrai entier de bientôt trois ans, avec deux testicules. Même si le droit est un peu plus petit que le gauche, et que les deux s'amusent à monter ou descendre un peu selon ses humeurs.
De face aussi, il est beau!

Évidemment, ce qui a fonctionné pour nous n'est pas forcément la solution pour un autre cheval. Cependant, si vous avez la possibilité de prendre le temps tout en continuant à héberger votre jeune cryptorchide dans des conditions correctes, je vous invite à explorer différentes pistes (un peu plus tôt que nous serait probablement une bonne idée) et à attendre un peu avant de passer à la solution radicale de la castration. Pensez à une approche holistique de votre cheval : vétérinaire, mais aussi alimentation, ostéopathe, shiatsu, pour l'aider à bien se développer.


Et vous, avez vous déjà connu un cheval pif?  Quelle solution a été choisie pour lui? J'aimerais beaucoup connaitre vos expériences, partagez-les!


(Res)sources:

1 février 2018

Tuto : un jouet fait-maison pour poney

1.2.18 0 Petits Mots
Tu cherches un jouet d'écurie pour ton cheval? Et si tu le créais toi même? C'est simple, rapide, et pas cher.

Mon poulain a en ce moment une forte tendance à mordiller, je pense que c'est en partie dû à la perte de ses dents de lait qui le gène. J'ai remarqué qu'il appréciait de mordiller sa longe, j'ai donc voulu lui créer un jouet qui lui permette de le faire même quand je ne suis pas là.

Avec un critère essentiel : la sécurité. Pas de risque de se coincer dedans ni d'avaler de petits morceaux donc. Et un objet solide qui résiste aux folies d'un petit jeune de pas encore trois ans.

Et voilà le résultat : une corde tressée avec une boule de tissu.



Pour le réaliser, c'est très simple.


Matériel:

- une cordelette d'escalade de 7 mm de diamètre et 4 m de long - 5€49 chez Décathlon
- une bande de tissu coupée dans un vieux drap, environ 40 cm X 2m
- des ciseaux
- un briquet


Réalisation :

  • 1 - Plier la cordelette en 3 morceaux de taille égale. Couper cette cordelette au niveau d'un des plis. On obtient donc deux morceaux de cordelette, dont l'un fait le double de taille de l'autre.
  • 2 - Avec le briquet, brûler les deux extrémités coupées. Cela va éviter que la cordelette s'effiloche.
  • 3 - Plier le morceau le plus long en deux. Placer le plus court dessus. Faire un nœud du côté de la boucle du long morceau. On obtient ainsi trois brins de corde de même longueur noués ensemble. La boucle pourra permettre d'accrocher le jouet.
Trois brins et une boucle à l'extrémité
  • 4 - Tresser les trois brins de cordelette sur environ trois quart de la longueur, puis nouer l'extrémité de la tresse. Il doit rester environ 30 cm de longueur sur les trois brins non tressés. (J'ai fait un peu moins, mais c'était un peu juste par la suite)
Tressage
  • 5 - On passe à la création de la boule de tissu. Rouler le drap sur lui-même dans le sens de la largeur. On obtient un long serpent de drap.
  • 5bis - Optionnel - J'ai choisi de mouiller le drap à l'eau chaude pour la suite, pour pouvoir bien le serrer.
  • 6 - Faire un premier nœud sur lui-même au milieu du boudin de drap. Puis un deuxième nœud de l'autre côté. Continuer en essayant de donner une forme à peu près ronde à la boule de tissu ainsi obtenue. Reste à bien serrer le dernier nœud et cacher les extrémités de tissu qui dépassent.


Un boudin de tissu qui devient une boule

Voilà, il ne reste plus qu'à assembler!
  • 7 - Prendre un des brins libres de la cordelette. Le glisser sous un boudin de tissu de la boule de drap. Nouer plusieurs fois ce brin à un second brin de la cordelette pour bien fixer la boule de tissu.
  • 7 bis - optionnel - Laisser sécher la boule de tissu si le drap avait été mouillé.

Et voilà, c'est terminé! Plus qu'à l'accrocher dans le box ou l'abri grâce à une ficelle à ballots, le laisser en libre accès dans le pré ou même l'utiliser pour une partie de jeu dans la carrière (avec poney, toutou ou un autre cavalier, comme tu veux!)
À l'usage, la boule de tissu redevient un boudin :-)

Quelques pistes alternatives :

  •  Tu peux très bien tresser toute la corde et ne pas ajouter de boule de tissu à l'extrémité.
  • Tu peux aussi fixer la boule de tissu directement dans la tresse, en la passant dans l'un des brins lors du tressage. Je pense que c'est l'option que je prendrais si je devais le refaire, car ça ne tiens pas forcément bien au bout de la corde.
  • Tu peux fixer un ballon d'écurie à l'extrémité plutôt de du tissu. Attention, j'ai pensé à la balle de tennis, mais je ne recommande pas. Cela ressemble beaucoup à une pomme, donc vu la taille je pense qu'il y un risque que poney l'avale.
  • La tresse à trois brins est plate. Si tu veux une tresse ronde, fais quatre brins au lieu de trois. Dans ce cas, je pense qu'une cordelette plus fine (5 ou 6 mm) sera plus facile à tresser.

Alors, qui va se lancer? Qui a déjà fait un jouet d'écurie maison? Montrez-moi vos créations!

27 décembre 2017

Se souvenir que chaque cheval est unique

27.12.17 6 Petits Mots
On connaît tous les petites manies de nos chevaux. Ces petits trucs rien qu'à eux qui les rendent uniques et exceptionnels à nos yeux. Et pourtant, jour après jour, nous voulons appliquer les mêmes méthodes, les mêmes techniques à chacun d'eux.

C'est particulièrement frappant avec les chevaux de club. Il faut apprendre à galoper avec tous, à savoir faire une épaule en dedans, peu importe qu'on monte Biscotte ou Batman. Les mêmes gestes, les mêmes aides, répétés encore et encore. Juste après avoir dit qu'on préfère Biscotte à Batman parce qu'elle est plus réactive.


Et puis nous cherchons sur le web des réponses à nos questions, le truc, la solution parfaite à notre problème. Sauf que, vous l'aurez remarqué, quand on pose une question sur Internet, on a en général 150 000 réponses différentes, et 2-3 polémiques au passage. Je ne sais pas vous, mais moi je me retrouve souvent aussi paumée en lisant les réponses qu'avant de poser la question. Est-ce pour autant que ces réponses sont fausses ou inutiles ? Non, au contraire. Simplement, chacune des solutions proposées a pu fonctionner (ou échouer) pour un cheval donné.

Et c'est là le point essentiel : ce qui fonctionne pour un cheval ne sera peut-être pas efficace pour un autre. Peu importe la somme de vos connaissances, vos recherches, les conseils reçus de professionnels, il faut toujours à un moment faire la synthèse en remettant le cheval au centre. 

Chaque cheval est unique. Autrement dit, il n'y a pas de vérité absolue. C'est là une part de la magie de l'équitation : nos équidés sont des êtres sensibles, tous différents, avec leur histoire, leurs forces, leurs peurs, leurs manies propres. Avant de prendre une décision pour eux, il faut se souvenir de les considérer eux, et pas le cheval du voisin.

C'est pour cela aussi qu'apprendre à connaître son propre cheval est une aventure sans fin, qui ne cesse de nous émerveiller jour après jour, découverte après découverte.

Et puis, il n'y a pas que chaque cheval qui est unique. L'équitation est une histoire de couple. Là encore, chaque relation est unique, et un même cheval sera différent selon le cavalier. Nos chevaux de club qui ont leurs têtes en sont un exemple parfait, mais c'est aussi vrai pour le cheval qui sera monté par des frère et sœur par exemple.

Cette unicité là, je la redécouvre souvent quand je rencontre de nouveaux cavaliers. En échangeant des histoires, des anecdotes, nous en apprenons tant. Je trouve que ces échanges en direct sont précieux, car ils révèlent une complexité qui tend à disparaître derrière nos écrans ou dans un livre. Ils m'avaient d'ailleurs manqués en Suisse, où la barrière de la langue leur faisait souvent obstacle. Une discussion, c'est l'opportunité de découvrir de nouvelles façons de penser, de comprendre des décisions, de s'ouvrir à des idées nouvelles. Cela permet de confronter ses opinions à la réalité, et de voir pourquoi ça ne marche pas toujours, ou pourquoi d'autres choix sont aussi valables que les nôtres. À un cheval unique avec ses besoins spécifiques, réponse unique.

Cette réflexion s'applique particulièrement pour toutes les idées qui ont tendance à être contestées, dans un sens ou dans l'autre, dans le monde équestre. Pieds-nus ou ferrés, monte sans mors ou avec, tonte ou poils de nounours, box ou pré intégral, ce n'est pas parce que votre cheval est bien comme vous faites que ce sera le cas pour celui du voisin. Et si le voisin ne croit pas du tout à telle ou telle solution, alors il est fort probable qu'elle ne fonctionne pas pour son couple avec son cheval.

Exemple personnel : je suis très bien à monter en mors. Même si je trouve le concept intéressant, je n'ai pas essayé de passer ma jument sans mors. Parce que d'une part je n'ai pas les connaissances suffisantes pour juger du risque pris et que j'ai conscience que le sans-mors ce n'est pas forcément sans danger, d'autre part parce qu'à son âge je préfère profiter de mes quelques séances montées pour partir en balade plutôt que de la faire chier en carrière à reprendre tout le dressage en sans mors (oui, je sens bien que bosser en carrière ça la gonfle autant que moi). Est-ce pour autant qu'il faudrait que tous ceux qui ont des vieux chevaux restent au mors pareil? Bien sûr que non, parce que justement ils sont différents de nous.

C'est donc là la logique que j'essaie d'appliquer avant d'émettre un jugement basé sur mes opinions, un avis basé sur mes connaissances, un conseil basé sur mon expérience. Se souvenir qu'il n'y a pas vérité unique, seulement des chevaux uniques. Et que chaque cheval, chaque couple, a sa propre vérité. J'essaie de ne pas généraliser mon expérience, mais plutôt d'exposer mon vécu pour expliquer mon opinion et le choix que je recommande.

Soyons honnêtes, c'est parfois difficile, et je me suis probablement plantée plus d'une fois. Beaucoup plus sur le web qu'en face à face je pense, parce que l'échange m'apprend beaucoup et qu'il permet de creuser une situation pour mieux la comprendre. N'oublions pas qu'Internet nous déconnecte du cheval réel, concret, qui se trouve derrière une question, une interrogation, une anecdote de son cavalier. Avant de critiquer ou de commenter, prenez juste un instant pour prendre conscience de ce que vous ignorez de leur histoire. Et faire ainsi de vos échanges une source d'enrichissement mutuel.

In equus veritas... La vérité se trouve dans le cheval. Vaste sujet de réflexion lancé pour cette Cavalcade des Blogs par Isabelle du blog Horses Hints.  Je dirais ainsi La vérité se trouve dans chaque cheval. Car il y a autant de vérités que de chevaux. Alors, avant d'émettre un jugement, de donner un conseil ou d'en demander un, n'oubliez pas de vous interroger sur le cheval, ses caractéristiques physiques, son tempérament et son vécu. Et se souvenir toujours que chaque cheval est unique et qu'il n'y a pas de solution universelle, seulement celle qui lui convient ici et maintenant.

22 décembre 2017

Pour Noël, revenir à l'essentiel {Calendrier de l'Avent équestre}

22.12.17 6 Petits Mots

À deux jours de Noël, à mon tour de vous proposer votre surprise du jour du calendrier de l'Avent des blogueuses équestres. Aujourd'hui, je vous invite à vous offrir un cadeau qui n'a pas de prix. Un cadeau qui ne vous coûtera rien mais vous fera gagner beaucoup. 



Il s'agit simplement de vous offrir votre présence. De vous offrir un moment où votre attention est tournée à 100% vers vous et vos compagnons équins.



Enjoy!

Respirez profondément, déposez pour un temps vos soucis, faites taire vos préoccupations, rangez votre téléphone et votre envie de tout instagrammer au placard, ouvrez grand vos cinq sens et soyez là, simplement.


Remarquez le souffle qui s'échappe de ses naseaux dans l'air froid, respirez son odeur unique de cheval transpirant, sentez la puissance de ses muscles jouer sous vos cuisses. Entendez ses naseaux frémir pour vous saluer doucement, sentez le vent vous saisir de sa puissante étreinte, voyez le monde se parer de ces tons pastels hivernaux si doux.


Oubliez juste pour un jour, une heure, une minute, vos objectifs et vos difficultés. Redonnez-vous du temps pour vous souvenir de tout l'amour et toute la joie que vous partagez avec cet équidé si extraordinaire. Rappelez-vous que derrière tous les défis que vous vous lancez, il y a cette passion débordante de moments partagés avec un autre être vivant.


Oubliez pour un temps tous vos trucs et astuces, et revenez à l'essentiel, au cœur de votre histoire. Le reste attendra demain, et alors vous saurez encore plus fort pourquoi vous faites tout cela.


Cela ne sera peut-être pas facile, vous aurez sûrement envie de penser au coup de téléphone urgent à passer pour le boulot ou au cadeau du petit dernier que La Poste tarde à vous livrer. Ce n'est pas grave, il faut simplement vous autoriser à ne pas vous attarder sur ces idées pour vous attacher à celles qui vous sont chères, ici et maintenant.


Pensez à rire de son regard gourmand à la vue de la belle pomme que vous avez ramenée, à chercher le point gratouilles qui le fait kiffer, à savourer fort fort fort la douceur de sa tête posée sur votre épaule.


Voici donc un des plus beau cadeau à vous offrir, à lui offrir: oublier tous vos trucs et astuces, vos objectifs, vos inquiétudes, vos peurs, et revenir à l'essentiel. Juste une fois, aujourd'hui, être simplement là, avec lui, et accueillir chaque sensation entièrement.

Et demain, quand vous reviendrez à vos habitudes, gardez au fond de votre cœur cet essentiel qui vous anime et vous rend heureux.





Rendez-vous sur Hellocoton !

26 novembre 2017

5 étapes pour débloquer une situation en équitation

26.11.17 6 Petits Mots

Quel cavalier n'a jamais connu ces moments où il a l'impression de ne plus avancer? Que rien ne va, et qu'il n'y a aucune solution? Des moments de découragement, où on a un peu envie de tout laisser tomber et lors desquels on se sent nulle et incapable? 

Rassurez-vous, vous n'êtes pas seuls! Je suis en plein dedans avec mes chevaux, alors je vous propose 5 étapes à suivre pour débloquer un souci équestre.

Mon souci semble tout simple, mais il m'apparait comme une montagne. Je viens enfin de ramener mon poulain près de moi, et j'ai l'impression de ne pas savoir quoi faire avec lui, puisqu'à peu près tout est à faire et qu'il ne sait pas grand chose. 
Comment ça, tu veux me faire travailler?

Mais alors concrètement, on fait quoi?


Étape 1 : Identifier le problème

Se dire que ça va pas, qu'on stagne, qu'on n'a l'impression de ne pas avancer en ce moment avec son cheval, c'est bien beau, mais ça ne nous avance pas à grand chose. Il y a cette petite phrase que j'ai lue récemment (et dont je ne connais pas l'auteur), que je voudrais vous partager aujourd'hui:
"Pour combattre le mal, il faut savoir l'identifier"
Et oui, il faut commencer par comprendre le problème! Non, ce n'est pas parce que vous êtes nuls que vous n'avancez pas. C'est parce que vous avez un problème, et que vous ne savez pas encore comment le résoudre. Et pour le résoudre, il faut l'identifier. Cette étape n'est pas forcément la plus facile, mais elle est essentielle. Elle vous permettra de sortir de votre impression de stagner et d'être nul pour trouver sur quel point concret il faut travailler.

Pour cela, souvenez-vous que le cheval ne fait jamais quelque chose juste pour vous faire chier. Soit il ne peut pas, n'étant pas physiquement ou mentalement prêt, soit il ne comprend pas ce que vous lui demandez (ou l'intérêt pour lui de faire l'exercice), soit il a peur (d'un objet, d'une personne, du souvenir d'un événement traumatisant ou d'une douleur). Il y a toujours une raison à un comportement, et il est très important de la trouver.

Quelques exemples?
  • Mon cheval refuse systématiquement les oxers? Il a peut-être mal quand il saute, ou peur parce qu'il a panaché l'autre jour en concours. (C'était le cas de Jasmine en club avant que je la récupère. Avec le recul aujourd'hui, je pense que c'était son début d'arthrose qui devait la gêner et donc l'effort était devenu trop compliqué pour elle. J'ai pas réessayé les oxers depuis car ça ne correspond pas à nos objectifs. Par contre elle est toujours fan des verticaux.)
  • Je n'arrive pas à prendre la galop à juste en cours avec Pompom? Est-ce que je lui demande mal? Ou est-ce que c'est un cheval compliqué qui n'est pas adapté à mon niveau?
  • Mon cheval boite systématiquement quand je le monte? Est-ce qu'il a mal quelque part? Est-ce que son matériel est adapté? Ou est-ce que c'est un petit malin qui a remarqué que quand il boite j'arrête de le faire travailler et qu'il rentre plus vite mettre le nez dans le foin?
  • Je ne sais pas quoi faire avec mon poulain qui ne sait rien. Pour First et moi, je l'explique parce que je me laisse déborder par la multitude de possibilités et mon inexpérience avec les jeunes chevaux.
Une fois le problème identifié, on ne s'appesantit pas dessus, on passe directement à l'étape suivante.


Étape 2 : Se fixer un objectif réaliste et ambitieux


Maintenant que le problème est trouvé, il faut se fixer un objectif pour lui apporter une solution. 

Cet objectif doit être d'une part réaliste, c'est-à-dire qu'il doit prendre en compte vos capacités et celle du cheval considéré. Je n'irai pas en CSO amateur avec mon Gypsy Cob de 3 ans l'année prochaine par exemple.

Mais il est important que cet objectif soit aussi ambitieux. Il doit représenter un défi que vous avez envie de relever, il doit vous booster à sortir de votre phase de découragement, il doit vous aider à avancer.

C'est aussi un objectif qui doit vous parler à vous, pas être celui fixé par d'autres. Vous avez peur de sortir en concours de CSO? Faire un concours de CSO, comme vous le recommandent toutes vos copines, pourrait être un objectif, mais si vous n'aimez pas l'obstacle il n'a aucun intérêt. Mais pourquoi pas vous donner l'objectif de faire un concours de dressage?

Il faut aussi dimensionner cet objectif en fonction du problème: à problème simple, objectif simple et rapide, à problème complexe, objectif  élaboré.


  • Mon cheval refuse les oxers parce qu'il a mal => Je fais venir un ostéopathe.
  • Je n'arrive pas à partir au galop à juste avec Pompom parce que je lui demande mal => J'apprends à demander correctement le galop à juste.
  •  Je suis perdue pour travailler avec First => Je me lance le défi de l'emmener sur un concours modèles et allures GypsyCob ou Irish Cob en 2018. (J'ai bien dit à problème complexe, objectif complexe, réaliste et ambitieux!)
Ça y est, mon objectif est fixé, je fais quoi maintenant?


Etape 3 : Décomposer en petits objectifs simples

Un objectif ainsi fixé peut parfois nous paraitre démesuré. Alors on décompose en objectifs, vois en sous-objectifs, simples et rapides à obtenir. Cela permet d'une part de se rendre compte qu'il y a certaines choses qu'on sait déjà, et ensuite d'être moins effrayé face à l'énormité du travail à faire.

Cette étape n'est pas forcément nécessaire avec un objectif simple, mais je vous invite à y réfléchir quand même. Même faire venir un ostéopathe, qui parait très simple, se découpe en petit objectifs : identifier le pro qui me convient, l'appeler, trouver une date de RDV qui convient, et enfin assister au RDV par exemple. 


  • Je veux apprendre à demander correctement le galop à juste? Je demande à mon moniteur de me réexpliquer les aides, puis j'apprends avec un poney facile, puis je demande correctement avec Pompom et j'atteins mon objectif!

  • J'emmène First en Modèle et Allures en 2018?
    • J'identifie les concours prévus pas trop loin de chez moi (pas fait)
    • Je me renseigne sur les modalités pratiques de ces concours (à revoir)
    • Je désensibilise mon poulain:
      • aux trucs qui font peur (acquis)
      • aux chevaux au loin (en cours)
      • aux chevaux (et juments !!) proches (à commencer)
    • Je lui apprends à marcher en main
      • au pas (acquis)
      • au trot (pas fait)
      • à s'arrêter en même temps que moi (en cours)
      • à conserver l'immobilité (en cours)
      • en restant concentré sur moi (en cours)
    •  Je lui apprends à travailler en filet (il me semble que c'est obligatoire pour les entiers)
      • Je lui fait découvrir le mors (à faire)
      • Je reprend la marche en main en filet (à faire)
Je réalise alors que oui, je suis capable d'atteindre mon objectif, et qu'en plus j'ai déjà commencé!

Étape 4 : Identifier les compétences et connaissances nécessaires

Vous savez maintenant ce que vous voulez faire. Il vous reste à vérifier si vous et votre cheval avez les connaissances et les compétences pour réaliser chacun de ces objectifs.

Il s'agit de se demander "Que dois-je faire pour atteindre chacun de ces objectifs?", "Est-ce que je sais le faire?" et si besoin "Où et comment vais-je apprendre à le faire?".

Si vous savez déjà le faire, c'est top. Sinon, vous pouvez identifier ce qu'il vous manque (en appliquant à nouveau ces 5 étapes par exemple). Demandez-vous comment alors acquérir les connaissances qu'il vous manque: par vos amis, par les réseaux sociaux, par les blogs, par des cours avec un enseignant, à pied ou monté, par des cours en ligne, par des lectures, par des stages? Évidemment chacune de ces solutions à ses avantages et ses inconvénients, il est souvent très intéressant de les recouper.

Pour moi, ça sera cours de travail à pied (quand j'aurai trouvé un prof, tous les bons plans sur des personnes se déplaçant dans la Marne sont les bienvenus), cours en ligne (bientôt) et lectures (j'ai réouvert "Eduquer le poulain du sol à la selle " de Véronique de Saint-Vaulry et je commence déjà à appliquer petit à petit ses conseils).

Étape 5 : Agir!


Vous avez désormais toutes les cartes en main. Plus d'excuses, il est maintenant temps d'agir. Choisissez l'un de vos objectifs simples, et attelez-vous à sa réalisation. Puis passez au suivant, et vous verrez bientôt que vous avez recommencé à progresser. Bravo!


Parfois, il est possible que la réalisation de l'objectif ne résolve pas, ou pas entièrement, le problème. Ne vous découragez pas! Je vous invite alors à recommencer cette réflexion en 5 étapes, en n'oubliant pas de partir de la nouvelle situation et non pas du problème initial. 

Et bien sûr, vous pouvez aussi appliquer ces 5 étapes en dehors de l'équitation, pour toute situation où vous vous sentez bloqués.

Tout simplement:
  1. Identifier le problème
  2. Se fixer un objectif réaliste et ambitieux
  3. Décomposer en petits objectifs simples
  4. Identifier les connaissances et compétences nécessaires
  5. Agir!

Alors dites moi, quel problème vivez-vous aujourd'hui qui vous donne l'impression de ne plus progresser en équitation? Quel objectif allez-vous vous fixer pour le résoudre?


~~~

Cet article a été écrit dans le cadre de la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Nathalie du blog Les Supers Cavaliers, sur le thème "Quand on a l'impression de ne plus progresser..."




  Rendez-vous sur Hellocoton !

29 octobre 2017

Le vieux cheval, un athlète heureux?

29.10.17 8 Petits Mots
Nos vieux chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux? Un cheval vieillissant peut-il rester un sportif bien dans ses sabots? Pour la nouvelle édition de la Cavalcade des blogs, Pauline nous invite à partager notre définition de l'athlète heureux. J'ai voulu m'interroger pour savoir si cette expression peut s'appliquer à tous les chevaux, et en particulier à ceux que l'on dit "vieux".

Évidemment, la définition du vieux cheval reste flou et pourrait faire l'objet d'une réflexion à part entière. Mais parlons ici de ces chevaux qui développent tout doucement ces pathologies liées à l'âge (arthrose, Cushing, fonte musculaire et autres joyeusetés...).

Alors un vieux cheval athlète, c'est quoi? Et est-ce vraiment possible? Ou nécessaire? Un athlète, c'est par essence quelqu'un qui pratique une activité physique. On peut aussi le comprendre comme quelqu'un qui entretient sa forme physique. Un peu contradictoire à première vue avec la santé qui diminue avec l'âge de nos chevaux. Et pourtant, si les vieux chevaux ne sont plus de très grands sportifs, il reste pour moi essentiel d'entretenir leur forme physique, pour leur permettre de conserver leur bien-être physique. Garder des muscles qui permettent d'atténuer les effets du vieillissement, de continuer à bouger et à s'activer. Garder la forme pour continuer à mettre la pâtée aux petits jeunes qui tentent de contester l'autorité des anciens du pré. Garder une mécanique bien huilée pour continuer à partager des moments de complicité avec son cavalier, à pieds ou monté.

"Vieille" et sportive (du dimanche...)

Et un (vieux) cheval heureux, c'est quoi? C'est un cheval qui ressent un bien-être mental. Ce qui pour moi passe avant tout par un respect, au mieux de ce qu'il nous est possible de leur offrir, de leurs besoins fondamentaux: des copains, du mouvement, et de la nourriture à volonté. Une vraie vie de cheval en fait, avec les adaptations nécessaires à ses âge et caractère. C'est un cheval à qui on laisse la liberté d'être lui-même.

Comment alors concilier ces deux idées? Le vieux cheval, un athlète heureux? Oui, si il a à la fois un bien-être mental et physique

Je crois même qu'il est essentiel de combiner aussi longtemps que possible ces deux éléments. Avoir au quotidien des conditions de vie dignes d'un cheval, et travailler régulièrement, le cavalier à ses côtés ou sur son dos, pour entretenir sa musculature et sa souplesse et donc limiter ses douleurs.

Mais aussi parce que bonheur du cheval et travail physique vont pour moi ensemble. Il ne sont pas dissociables. Un cheval à qui l'on offre une vie au pré avec copains n'y est pas forcément heureux. Surtout quand le changement est soudain et inattendu. Qui n'a pas connu ce vieux cheval de club qui est revenu de sa retraite parce qu'il déprimait au pré? Quid de ces grands chevaux de compétition qui meurent quelques mois après leur retraite bien méritée?

Avoir des activités avec son cheval, c'est non seulement travailler sur son corps, mais aussi prendre soin de son mental. C'est lui proposer des exercices pour le faire réfléchir et stimuler sa vivacité d'esprit, c'est lui proposer des nouveautés pour le changer de son train-train quotidien. C'est aussi continuer à le monter pour faire briller son expérience, et l'emmener en balade démontrer son envie de faire la course au grand galop avec ses potes.

Alors oui, il est possible de faire en sorte qu'un cheval qui vieillit reste un sportif heureux. Oui, nous avons le droit de monter encore nos vieux chevaux et de leur proposer de nouvelles expériences, tout cela dans le respect de leur intégrité.

C'est probablement pour cela que j'ai vraiment du mal avec cette idée qui considère que le vieux cheval ne doit plus être qu'une tondeuse à gazon, un retraité qu'il faudrait "laisser tranquille". Un début de pathologie de vieillesse et hop, on l'oublie dans un pré, parce qu'il y serait soi-disant heureux.

J'ai choisi de dire non à cette idée. Pour moi, un vieux cheval est avant tout un cheval. Un cheval avec une grande et belle histoire derrière lui, qui mérite notre attention et notre considération.

Ma jument a de l'arthrose. Elle boite régulièrement, particulièrement en carrière à une main. Pourtant je la monte encore (oui, j'ose!). Moins souvent, et principalement en balade. Et je peux vous assurer que dimanche dernier, elle n'était pas la dernière pour faire la course avec le petit jeune devant (bon, on n'a pas gagné quand même, mais il a quasi un tiers de son âge aussi le jeune!). Je m'interroge aussi beaucoup, et je suis loin de savoir quelles sont les meilleures solutions pour entretenir sa forme physique et atténuer ses douleurs d'arthrose. Mais quand elle me suit dans mes folies, je sais qu'elle n'est pas si mal dans sa tête. Et ça, ça n'a pas de prix.

Ma jument a peut-être 20 ans, mais je crois qu'elle est encore, au moins un peu, une athlète heureuse, parce qu'elle a une vie adaptée à ses besoins.


C'est ainsi que je vois le cheval athlète heureux, quel que soit son âge. Un animal qui a une vie équilibrée, dans le bien-être physique et mental.

Et selon vous, tous les chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux?
 Rendez-vous sur Hellocoton !