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12 août 2018

Escapade champenoise

12.8.18 2 Petits Mots
Un sidepull à tester. Complicité. Et si on partait se promener? Juste elle, juste moi, un dimanche ensoleillé.

D'abord partir à pied, vers notre coin à herbe habituel. Ici on prend le temps de se poser. Respirer, se connecter. Tout confort pour grignoter. Et puis me hisser sur son dos, doucement, partir, s'évader. Le goudron, les maisons, vite dépassés. Le petit pont, sur la rivière déssechée par l'été.

À gauche aujourd'hui, pour changer. Tiens, le maïs a poussé, voilà bien longtemps qu'on était pas venues de ce côté. Mur végétal qui nous dépasse. Et de l'autre côté, ces arbres à la verdure de fin d'été, broussailles qui dissimulent la tristesse du ruisseau sans eau.

Pénombre dans l'allée, jeux d'ombres. Zigzags moqueurs, méandres qui cachent la peur. Et si on trottait pour les affronter. Tout en douceur, nous sommes vainqueurs, pas de frayeurs. Ralentir au tournant, arracher des touffes d'herbes en passant. Ensuite on le sait bien, c'est la montée enherbée, où l'on peut se lâcher.

Dans ce galop spontané, les maïs faiblissent. Le regard libéré, sur la plaine endeuillée. Chaumes hérissés, terres retournées, temps suspendu entre les cultures d'hier et demain. Les limites n'ont plus court en cet instant.
Infini...

Et puis devoir lui rappeler de s'économiser, ne pas trop s'essouffler. Un passage sur le goudron posé là sera plus convaincant que moi pour repasser au pas. Deux oreilles dirigées, quelques pas, vers le chemin le plus court pour rentrer. Inviter, proposer de prolonger, les allures de son choix. Alors ce galop sauvage, volontaire, comme pour avaler plus vite les kilomètres de la terre. En descente aussi? Ok, si elle veux, on y va, c'est son choix. Cet équilibre si bien maitrisé.

Les rênes se sont depuis longtemps posées, le petit mousqueton si mignon en fonction. Des mains qui ne savent plus que faire, se poser sur les cuisses, ou bien se tendre telles des ailes dans cette envolée. Oh, et si on saluait le TGV? Ah mince, il est trop vite passé.

Redescendre sur terre, redescendre de la vitesse, un peu, simplement, un temps pour récupérer. Tourner, tourner, et déjà le chemin n'est plus celui de l'aller, le retour pointe le bout du nez. Le regard face à l'astre éblouissant, sous la caresse du vent, viens, nous deux, on va s'envoler. Pointes de chanvre qui se gondolent, toutes étonnées de nous voir si vite passées. Une tête qui se tourne au bout du champ, pour vérifier que ces géantes ne nous avait rien dissimulé.





Oui, ce chemin là, sans les mains, on le prend. Trotter sur ce bout goudronné? Pas convaincues, mais on essaie. Soudain la poigne du vent nous happe, l'ombre des arbres nous drape, le soleil s'est planqué. Douceur bienvenue pour les corps transpirants. Seule sursaut du voyage, un copain dans son pré, aparté inattendu. Salut les poulains.

Dernier chemin, à l'abri du jour. Un peu de galop, et ce trot, si vif, qui envoie tant de générosité, et d'envie de rentrer. Les vaches impassibles que pourtant elle tente d'éviter, mais dans les betteraves, une mauvaise idée.

Et soudain, déjà, on retrouve le pont, on retrouve le goudron. Le pas pour respirer. Une pomme solitaire s'est invitée là, elle ne résistera pas à la gourmandise d'une bouche libérée. Les maisons, l'église, un enfant, des chiens. L'arrêt de sécurité pour traverser la rue, et les écuries qu'on connait si bien.

Fin d'une parenthèse d'une heure, ou était-ce une journée? Des instants qui continuent encore un temps à faire battre mon cœur un peu plus fort, un peu plus présent, un peu plus vivant.



3 août 2018

Comment bien gérer son budget cheval?

3.8.18 4 Petits Mots
L'équitation, une passion qui coûte cher? Fort possible, mais connaissez-vous réellement votre budget "cheval" annuel? 

Personnellement, j'ai du mal à connaitre mes dépenses réelles pour mes chevaux. Dommage quand on sait que ces montants peuvent vite augmenter!


Je me suis donc penchée sur les solutions pour réaliser un suivi de mon budget sans me compliquer la vie, et je vous partage donc le résultat de ce questionnement (avec mon modèle de solution à récupérer à la fin de cet article).

Objectifs et critères:
  • pouvoir retrouver toutes mes dépenses "cheval" par type de dépense (pension, soins, matériel,...)
  • pouvoir facilement connaitre mes dépenses annuelles et mensuelles par cheval
  • noter rapidement ces informations avant d'oublier et les retrouver aisément, peu importe où je suis

Quelles solutions pour suivre son budget?

La version papier 

Dans un premier temps, j'ai créé un classeur papier pour pouvoir saisir mes dépenses, mais aussi entrer toutes les infos de suivi santé de mes chevaux.



Avantages : c'est complet, détaillé, personnalisé. Tout est au même endroit.

Inconvénients : c'est long à remplir, fastidieux, et pas facile à transporter

C'est pour vous si : vous aimez écrire et retrouver des comptes-rendus complets de vos séances.

Ce n'est pas pour vous si : (comme moi), vous n'êtes pas patients, vous voulez aller vite et accéder partout et tout le temps à vos infos (Oui, j'ai abandonné cette solution depuis longtemps).

Le choix de la rédac' : si vous n'avez pas l'idée ou l'envie de créer votre propre classeur, il y a le planner équestre The Horse Riders, prêt à être personnalisé avec la vie de votre cheval.


L'appli de gestion des chevaux

Il existe plusieurs applications dédiée à la gestion de vos chevaux au quotidien. Elles vous permettent de planifier vos entrainements, suivre vos rdv, enregistrer vos dépenses, ... pour chacun de vos chevaux.

Avantages : Toujours dans votre poche, accessible à tout moment, pratique pour partager les infos avec vos amis ou votre DP.

Inconvénients :  toutes les applications ne permettent pas le suivi d'un budget, et c'est souvent peu détaillé. Elles sont nombreuses donc vos amis n'auront pas forcément la même et il faut choisir. Pas forcément adapté pour les cavaliers non propriétaires.

C'est pour vous si : vous êtes toujours connectée, le smartphone à portée de main.

Ce n'est pas pour vous si : vous voulez pouvoir retrouver facilement les détails de vos dépenses ou regrouper les montants selon le type de dépense. 

Le choix de la rédac' : j'ai testé plusieurs applications avec en tête mon critère de suivi facile de mes dépenses. Si toutes permettent d'enregistrer un calendrier, des dates de soins par exemple, il est plus rare de trouver une appli qui donne accès à un budget d'un coup d’œil. Celle qui m'a le plus plu pour cela est Ekism ID, qui permet de rentrer tous les événements de soins et d'entrainements, avec leur coût, et de retrouver ces dépenses mensuelles et annuelles dans un tableau de bord.


La version "Dans mon drive"

J'ai finalement choisi de créer mon propre tableur de suivi, un pour chaque cheval, dans Google Drive. Cette solution me permet de rentrer toutes mes dépenses, et de retrouver mes dépenses par mois et par catégorie. La version Drive est accessible aussi sur mon smartphone via l'application Google Sheets, donc aussitôt dépensé, aussitôt noté. Comme ça, pas d'oubli.



Avantages : un tableur unique par cheval, détaillé par catégorie de dépense, accessible partout et qu'on ne perd pas. Avec des jolis graphiques récapitulatifs pour voir dans quoi je dépense le plus, la possibilité de retrouver rapidement les dates des derniers soins, et facile à adapter aux besoins du moment avec des catégories modifiables.



Inconvénients : dédié uniquement ou presque à la gestion du budget.

C'est pour vous si : vous souhaitez une solution simple, accessible sur tous vos écrans. 

Ce n'est pas pour vous si : vous voulez quelque chose de complet qui intègre d'autres informations que les finances, ou si vous voulez gérer de nombreux chevaux.


Le choix de la rédac' : 

Je suis partie d'un modèle Google Sheets que j'ai adapté à ma sauce et selon mes besoins cavaliers. Le résultat est un classeur dans lequel je peux entrer toutes mes "transactions", et qui calcule tout seul le montant global de mes dépenses, par mois, par an et par catégorie. Il est même possible d'y entrer des recettes, par exemple si vous avez une DP, tout simplement en indiquant un montant négatif.



Si vous aussi vous souhaitez tester cette solution, je vous partage ce modèle de document accessible via ce lien.
Il vous suffit de sélectionner fichier>créer une copie pour le copier dans votre Drive, et vous pourrez alors l'adapter et l'utiliser comme vous le voudrez.


Alors, et vous, comment faites-vous pour suivre votre budget poney? Que pensez-vous de ma solution?

Et si jamais vous vous demandez toujours combien ça coûte par an, un poney, je vous invite à consulter cet article des Musards sur le sujet.

22 juillet 2018

Petites victoires et grands progrès

22.7.18 8 Petits Mots
Des petits riens. Des riens du tout. Des détails insignifiants. De minuscules progrès. Des avancées négligeables. Des subtilités si faciles à ignorer. Rien que de petites victoires.

Mais des petites victoires qui sont tout. Mises bout à bout, pas à pas, les petites victoires font les grands progrès.

On a commencé avec une jument qui tendait l'encolure à fond pour attraper le bonbon sans avancer un pied. Puis le pied a avancé. Puis l'autre. Et puis aujourd'hui, le bout du nez irait bien se glisser tout seul dans la sacoche à friandises.

Il y a eu partir marcher 10 minutes pieds nus sur le goudron. Puis 15. Puis y retourner montée. Commencer à aller sur les chemins, la laisser choisir son chemin, prendre les bordures enherbées. Oser quelques mètres au pas dans les cailloux. Et un an et demi après, la voir demander le trot sur un chemin où il n'y a que des cailloux, et le garder.

Il y a eu les séances en carrière, à s'ennuyer à dérouler un répertoire trop bien rodé. Puis la première balade rien que toutes les deux, le stress à maitriser. Apprendre à se comprendre à demi-mot. Lâcher les rênes. Autoriser d'un geste à s'élancer. Galoper sans les mains sans les pieds, sensation de liberté. Et un jour oser enlever ce mors qui nous a toujours accompagnées. Demain peut-être oser partir ainsi se promener.

Il y a eu l'observation tranquille dans le pré. Puis la découverte de ses zones de gratouilles préférées. Et aujourd'hui me faire bousculer pour virer un taon un peu trop gênant.

Il y a eu demander le pied, insister pour le soulever. Devoir tirer pour l'obtenir, avoir peu de temps pour le garder. Il y a eu l'utilisation répétée du «donne», et le tapotement du boulet. Il y a eu ce premier postérieur donné de lui même à ma demande. Puis l'antérieur. Il y aura j'espère bientôt cette réponse toujours acceptée.

Il y a eu cette bataille pour réussir à parer. Un Bébé qui bouge, des pieds repris brutalement, tous les deux de l'énervement. Et puis trouver qu'il est bien plus facile à parer en liberté qu'attaché, du foin sous le nez.

Les grandes batailles sont souvent inutiles, les plus belles victoires se font sans combat.

Nous n'y voyons que de petits riens, mais c'est d'eux que naissent les grands progrès. Des petites victoires du quotidien viennent les plus belles réussites.

Ne croyez jamais que ce que vous avez acquis, ce n'est rien. Car chaque pas prépare le prochain. N'écoutez pas celui qui vous dit que c'est sans importance, quand pour vous c'est une jolie étape sur le chemin.

Lorsque je me retourne sur le chemin parcouru, je vois aujourd'hui les petites victoires que l'on a semées, celles qui font que j'ai aujourd'hui une jument si épanouie désormais. Une jument qui sait ce qu'elle veut, et qui sait le dire, et que j'ai appris à écouter. Il y a même ces petites victoires que je n'ai pas vu passer, tant elles furent fugaces. Mais l'ensemble est là dans le résultat.

Les grands progrès ne sont pas soudains, ils sont tant dans la subtilité des progrès quotidiens que souvent on les oublie. Alors parfois, quand tu crois que ça ne va pas, ne regarde pas hier ou avant-hier, mais regarde il y a une semaine, un mois ou un an, et tu verras les petites victoires briller comme des pierres précieuses semées sur votre chemin.

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Cet article est ma participation à la Cavalcade des blogs de juillet, organisées par Débo Evanell du blog Philosophie cavalière, sur le thème des petites victoires.


6 avril 2018

La confiance - Conclusion de la Cavalcade des blogs

6.4.18 0 Petits Mots
La confiance en équitation : c'est pour vous toutes un point essentiel de toute relation. Une confiance aux multiples facettes, difficile à construire et pourtant fragile.


Voici donc les 13 participations à la Cavalcade des blogs de mars 2018, qui éclairent les multiples facettes de la confiance. 13 participations riches chacune des ressentis personnels et des belles histoires des blogueuses.

Allez vite les découvrir:








Merci à toutes pour ces magnifiques participations. Et si la Cavalcade vous manque déjà, rendez-vous pour la nouvelle édition chez "Une fille à cheval".

18 mars 2018

Ferrure ou pieds-nus ? Invitation à un changement de perspective

18.3.18 9 Petits Mots

Il est une chose qui m'étonne toujours. Dès qu'on parle de mettre un cheval pieds nus, la question qui vient est "pourquoi déferrer"? S'il est bien comme ça, pourquoi retirer ses fers? Question légitime bien sûr, et je ne vous rabâcherai pas les arguments des uns et autres sur le sujet. Non, moi ce qui m'étonne, c'est cette question : "pourquoi déferrer?". J'ai l'impression que ce n'est pas la bonne, ou du moins pas celle qui devrait venir en premier.

Non, la première question que je vous invite à vous poser, c'est "pourquoi ferrer"?

Dès que l'on commence à travailler un cheval, on nous dit qu'il faut ferrer. Parce que dans nos esprits, un cheval non ferré ne peut pas travailler. Alors, la majorité des chevaux sont ferrés dès le plus jeune âge, quand ils commencent à travailler. 


Ayant tout appris sur des poneys de club pieds nus, même ceux qui allaient à Lamotte (et ce n'était pas par conviction mais probablement plutôt pour des raisons économiques), je n'ai jamais réussi à comprendre en quoi eux pouvaient ne pas être ferrés alors que les chevaux qui travaillaient pareil l'étaient. Et aujourd'hui, de plus en plus de cavaliers nous prouvent qu'un cheval pieds nus peut travailler, du cheval de loisirs au cheval de compétition.

Alors, ce qui me dérange aujourd'hui, ce n'est pas qu'on ferre certains chevaux, c'est plutôt qu'on voit la ferrure comme la situation par défaut. On ferre d'abord, on réfléchit à déferrer ensuite. Or, l'évolution a doté les pieds des chevaux d'une structure incroyablement complexe capable de porter leur poids et de gérer les chocs liés à leurs déplacements. Pourquoi ne pas essayer d'aider ce système élaboré qu'est le pied à fonctionner correctement avant de chercher à substituer son rôle par divers artifices?

Voilà donc le changement de perspective auquel je vous invite. Non pas se demander pourquoi déferrer, mais plutôt se demander en premier lieu pourquoi ferrer? Est-ce nécessaire? Ai-je essayé d'abord de laisser le pied de mon cheval jouer son rôle? Pourquoi ne pas d'abord le garder pieds nus et voir si ça fonctionne pour lui?

Est-ce que je ferre par tradition? Par habitude? Par conviction? Est-ce que je ferre par peur? Est-ce que je ferre parce qu'il a mal? Et dans ce cas, pourquoi a-t-il mal, et est-ce la ferrure la meilleure solution pour soigner cette douleur? Est-ce que je ferre parce que j'ai vu que le travail effectué entrainait une usure trop conséquente de ses pieds? Est-ce que je ferre pour soigner une pathologie? Est-ce que je ferre parce que j'y vois la meilleure solution pour mon cheval?

Il s'agit de retourner la question, de comprendre que nous ne nous posons pas toujours la bonne question, plutôt que de se battre pour les réponses à lui apporter.

Bien sûr, la réponse pourra parfois être que la ferrure est nécessaire. Et parfois non. Mais ce sera réfléchi, pour chaque cheval dans son cas précis et pour ses besoins particuliers. Parce qu'il ne faut jamais oublier que chaque cheval est unique.

La question est n'est pas si différente pour les chevaux qui sont déjà ferrés aujourd'hui, même si on pourrait le croire à priori. Puisqu'un cheval doit être referré toutes les 6 à 8 semaines, la question peut se poser à chaque ferrure: pourquoi ferrer, à nouveau, ici et maintenant? Seulement parce qu'il était déjà ferré avant, ou bien pour d'autres raisons? Quelles sont mes raisons pour ce choix renouvelé si régulièrement?

Évidemment, la transition pour revenir aux pieds nus quand un cheval porte des fers depuis de nombreuses années est parfois complexe et pas forcément utile. Dans leur cas, la question "pourquoi déferrer" et sa contraposée "pourquoi ne pas déferrer" sont aussi importantes, et viennent compléter la réponse à la première question.

Lequel de ces pieds est le plus fonctionnel? Même antérieur gauche, après 8 mois de parage (à gauche) et après 3 mois de ferrage, au début du (re)passage pieds nus (à droite)

Pensons aussi à la prochaine génération de chevaux qui arrivent. Eux n'ont pas encore connu les fers, alors peut-être n'en auront-ils pas besoin de toute leur vie. Et peut-être que si pour certains, mais il faut essayer pour savoir.

Décider de ferrer un jeune cheval, c'est une énorme responsabilité, bien trop souvent écrasée par le poids de la tradition. Pourtant cette décision, comme celles de l'âge du débourrage ou de la méthode d'apprentissage utilisée, aura des conséquences tout au long de sa vie. Ne la prenons pas à la légère!

Nous avons, vous avez toujours le choix des décisions que vous prenez pour vos chevaux, et ce ne sont pas les jugements d'autrui qui doivent vous forcer dans ceux-ci. Ce que j'aimerais simplement, c'est que chacun de ces choix soit fait en conscience, de façon réfléchie et non systématique. Le premier choix qui est fait pour la santé des pieds d'un cheval, ce n'est pas déferrer, c'est bien ferrer!

Alors voilà, je vous invite simplement à vous poser cette question avant de ferrer votre cheval : pourquoi ferrer ce cheval en particulier? En quoi en a-t-il besoin? Et de dépasser le simple et trop fréquent "c'est le maréchal qui m'a dit que ça n'irait pas s'il n'est pas ferré". Et alors, peu importe votre décision, elle aura été prise en conscience. Vous en connaitrez les raisons et vous saurez les expliquer si vous en avez envie. Et cette idée s'applique d'ailleurs pour beaucoup de nos décisions pour nos chevaux.

Et puis, n'ayez pas peur de revenir sur vos décisions. Votre cheval a trop mal aux pieds et il n'y a pas de solution pieds nus? Ferrez! Il n'est pas bien dans ses fers, et les changements de type de fers n'ont rien amélioré? Déferrez! Vous avez trouvé le professionnel qui travaille comme il vous convient? Suivez ses conseils! Nous changeons, nos chevaux évoluent, les techniques aussi. Alors n'oublions pas de continuer à nous poser des questions!

D'ailleurs, j'aimerai beaucoup connaitre le pourquoi de vos choix. Pas pour juger, mais au contraire pour comprendre ce qui peut nous guider vers l'un ou l'autre choix, parce que chaque histoire est unique. Pourquoi avez-vous ferré votre cheval? Ou pourquoi l'avez-vous gardé pieds nus? Ou déferré? Ou pourquoi avez-vous fait des choix différents selon vos chevaux?

1 mars 2018

Lancement de la Cavalcade des blogs n°44 : une question de confiance

1.3.18 18 Petits Mots
Il y a la confiance en nous que nous avons trouvée auprès des chevaux. Il y a la confiance dont nous avons besoin pour faire notre premier concours. Il y a la confiance donnée à un coach pour réussir à progresser. Il y a la confiance si précieuse que nos chevaux nous accordent, et celle que nous leur donnons. Tant de choses en équitation reposent sur la confiance.

Voici donc le thème de cette nouvelle Cavalcade des blogs : 

Une question de confiance


Aujourd'hui je vous invite à nous parler de l'importance de la confiance en équitation. Confiance en vous, en votre cheval, en votre prof. Cette confiance donnée, cette confiance qu'il vous reste à trouver. Le chemin vers la confiance, vos astuces, vos solutions pour la trouver. Ou peut-être un excès de confiance qui vous a un jour joué des tours. Parlez-moi de confiance, du point de vue du cavalier, de l'enseignant ou même du cheval. De manque ou de recherche de confiance. D'un événement particulier où la confiance a joué un rôle central, ou de son importance en général. À vous de choisir.

La Cavalcade des blogs, c'est un événement ouvert à tous, pour lequel nous vous invitons à participer sur un thème donné chaque mois. Vous avez donc jusqu'au 31 mars pour me transmettre votre participation, sous forme d'un article ou si vous le souhaitez en vidéo. Vous pouvez retrouver les participations à l'édition précédente, sur le thème des gros mots du cheval, sur le blog Pretty Riding.

Il y a juste quelques règles à respecter pour participer.


  • Si vous avez un blog ou une chaîne, publiez votre article sur votre blog ou votre vidéo sur votre chaîne et envoyez-moi le lien par mail ou dans les commentaires de cet article.
  
  • Si vous n'avez pas de blog, envoyez-moi votre article par mail (emilie[a]cavalierre.fr) ou en me contactant via ma page Contact, et je le publierai avec votre nom sur ce blog.

Pour être validée, votre participation doit être:
  • De nature non commerciale
  • Originale et unique (ne doit pas avoir été publiée ailleurs)
  • De qualité
  • Nouvelle (publiée pendant l’événement, et pas avant)
  • Dans le sujet du thème annoncé
Si c'est un article : 
  • Il doit contenir au minimum 400 mots et être rédigé en français, si possible sans faute. Les participations dessinées sont aussi les bienvenues.
  • Vous pouvez y inclure 2 liens vers votre blog ou site.
Si c'est une vidéo:
  • Elle doit être en français
  • Vous devez inclure dans la présentation un lien vers l’article de lancement (celui que vous être en train de lire), un lien vers la page de lancement de la Cavalcade sur Cheval-facile, et un lien vers le blog de l’organisatrice (c'est le mien 😉).



 
Voilà, vous savez tout. J'ai hâte de vous lire. Et si vous hésitez à vous lancer, surtout, faîtes-vous confiance!

24 février 2018

Du pouvoir des étiquettes

24.2.18 6 Petits Mots
«C'est un entier». Que pensez-vous quand vous entendez ces mots? Quelle image vous faîtes-vous du cheval en question? Quels sont les idées, les représentations qui vous viennent à l'esprit? Prenez quelques instants pour réfléchir à cette question.

Je vais en profiter pour vous parler de mon poulain. First, c'est un jeune Gypsy Cob de 3 ans. Un joli pie bai tobiano, des crins et fanons exubérants. Gentil, joueur, mais un peu envahissant. Sûr de lui et sans peur, qui affronte avec sérénité les monstres que je lui propose. Calme et confiant. Une bouille à bisous, un corps de rêve, une petite moustache coquine en hiver. Le tombeur des écuries, même avec de la boue jusqu'aux coudes. Toujours curieux,  souvent motivé, volontaire. Toujours zen, rarement inquiet. Capable d'une patience à toute épreuve couplée à une tête de mule carabinée, efficace pour faire comprendre quand il n'a pas envie. Avec une malheureuse tendance en ce moment à vouloir mordre ce qui passe à sa portée, moi comprise. Un petit malin, un brin provocateur, qui comprend vite ce qu'on lui demande. Bref, un jeune cheval qui découvre la vie avec joie et enthousiasme.

Tête de cheval en train de brouter derrière des fleurs blanches

Ah oui, et aussi, First est entier. Est-ce qu'il colle aux idées qui vous sont venues à l'esprit au début? Est-ce l'image que vous vous étiez faîte? Voyez comme ce terme a créé en vous une représentation, un cadre dans lequel vous pensez que le cheval doit rentrer.

Et cette étiquette nous précède partout. Quelle différence quand on cherche une pension pour une jument ou un entier! Quand je venais avec un poulain joueur qui a besoin de compagnie, on m'a souvent parlé de le sortir obligatoirement seul, de paddocks éloignés des autres,... On m'a dit «je peux pas, j'ai des juments»... Aujourd'hui, j'ai eu la chance de trouver quelqu'un prête à essayer de le prendre. Aujourd'hui, il est au paddock tous les jours avec un hongre, séparé par une allée du paddock des juments. Il n'y a pratiquement jamais de courant dans les fils du paddock, parce qu'il est hyper respectueux. Je peux croiser une jument sans qu'il exprime plus de curiosité pour elle que si c'était un hongre. Je cherche encore le méchant entier agressif et obnubilé par les filles. Alors oui, il est encore jeune, il va peut-être changer. Mais en attendant, c'est un hongre qui casse les fils de son paddock régulièrement et fonce sur les gens sur son passage. C'est un hongre qui l'attaque oreilles en arrière quand je passe devant son box. C'est une jument qui vient lui dire bonjour quand il pionce à l'attache à côté de son paddock.

Et malgré cela, l'étiquette revient. Il a tendance à mordre? C'est parce qu'il est entier! Il essaie de se cabrer pour impressionner? C'est parce qu'il est entier! Et vous savez le pire? C'est que moi-même je me fais avoir! L'étiquette devient la justification simple pour tout expliquer. Elle en vient à précéder l'identité du cheval, à conditionner les comportements que j'attends de lui. Des fois, moi aussi, je me dit «c'est normal, il est entier». Alors qu'en fait, c'est juste un jeune cheval qui découvre et qui s'exprime. Qu'il faut que j'écoute sans tenter de le faire rentrer dans une case.

Voilà la puissance d'une étiquette. Celle de mettre des représentations devant la réalité. Une étiquette peut venir à nous faire manquer ce qui est sous nos yeux.

Oui, "entier", dans le monde du cheval, c'est un gros mot. Un mot qu'on ne veut pas entendre, qu'il ne faut surtout pas prononcer. Parce que ce à quoi on l'associe fait peur, parce qu'on en a une idée de danger, qu'on lui donne une connotation négative. Cela ne devrait être qu'un simple mot, mais le sens lourd qu'on lui donne fait de lui un gros mot.

Cheval Gypsy Cob pie bai qui fait un flehmen

Des gros mots comme celui-là, des étiquettes, il y en a bien d'autres au pays des chevaux.

Certains ne sont pas très polis au départ, de vrais gros mots. Tiens, la pisseuse par exemple, cette jument caractérielle, désagréable, chiante. D'autres, le plus souvent, ont une apparence bien anodine. Le grand classique? Poney pardi. Vous savez, ce grand têtu, ce petit malin, mignon et coquin, mais mal éduqué et juste bon à apprendre l'équitation et l'art du vol plané aux enfants. Et puis, il y a toutes ces races à qui nous avons associé des caractéristiques. Trotteur, voire trottinette? Pur-sang? Cheval de trait?

Certaines de nos étiquettes sont même passées dans le langage courant : qui n'a pas une tête de mule dans son entourage? Pauvre mule qui n'a rien demandé à personne et qui est bien plus qu'un animal têtu!

Il y a des étiquettes qui viennent avec nos chevaux, et celles qu'on veut leur coller. Cheval de sport ou cheval de loisir n'ont ainsi pas la même image. Il y a des étiquettes assumées, et des étiquettes subies. Je refuse pour ma jument celle de "retraitée", parce que ma jeune mamie, malgré les joies de son début d'arthrose, est beaucoup, beaucoup plus qu'une tondeuse à gazon.

Bien sûr, il y a toujours un fond de vérité dans ces étiquettes. Nous les avons créés pour donner un cadre, pour mieux comprendre, pour guider notre compréhension de l'autre. Difficile d'oublier qu'on a un entier au quotidien. Mais il est important de ne pas se cantonner à l'étiquette, et surtout de ne pas y enfermer son cheval. De redonner aux mots leur valeur de mots, et non pas de gros mots. Apprendre à ne pas se faire dévorer par des idées préconçues, pas simple, mais pourtant essentiel. Il faut courir après nos interprétations, nos attentes, pour ne pas les laisser nous bloquer. Oui, on peut dresser avec un cheval de trait, sans se laisser enfermer derrière son étiquette de cheval lourd. Tout en n'oubliant pas les limites que lui impose sa nature.

Une étiquette, c'est un mot que nous attribuons au cheval pour le décrire. Ce n'est au départ rien qu'un petit mot, que nous chargeons de sens. De sens positif ou négatif, et souvent de beaucoup d'interprétation. Et c'est de là qu'il tire sa force. Les étiquettes sont puissantes, et selon l'usage que l'on en fait, elles peuvent devenir un moteur ou un frein.

Je vous invite à voir ces étiquettes comme des guides, des barres au sol qui tracent un chemin, une bulle de sécurité pour mieux comprendre le cheval, un cadre doux et léger comme une plume, un rideau insaisissable et transparent. Mais trop souvent, nous faisons de ces étiquettes des murs, nous les érigeons en barrières dans lesquelles nous nous enfermons. Les étiquettes deviennent alors des pièges et bloquent notre regard qui ne peut plus porter au loin.

Parce que nous sommes nous-mêmes responsables du statut que nous donnons à ces mots qui sont des cases, nous pouvons choisir de ne pas les laisser prendre le contrôle de nos choix et de notre relation aux chevaux.

Surtout que le cheval, lui, ne connait pas ces étiquettes, il ne voit pas le cadre dans lequel vous l'avez posé dans votre tête. Il pourra donc le franchir aisément, il n'y est pas enfermé. Il ne voit pas le mur que vous utilisez pour l'encadrer, alors il est fort possible que vous vous retrouviez soudain chacun d'un côté de ce mur de mots. Et c'est à vous qu'il revient dès lors de démonter ce mur pour retrouver votre cheval.

C'est nous, et seulement nous, qui donnons du pouvoir aux étiquettes. Mais nous leur en donnons souvent beaucoup. Nous devrions nous souvenir que les mots sont puissants. Il ont la capacité de nous aider à comprendre, à avancer, à construire, mais ils peuvent aussi enfermer, parfois inconsciemment, et nous prendre au piège des interprétations qu'ils dégagent. C'est le sens que nous leur donnons qui leur donne leur pouvoir, qui en fait des gros mots. À nous de les faire dégonfler pour les faire redevenir des mots-compagnons, des mots-guides, des mots-précieux. 

Lorsque que vous vivez des moments difficiles avec votre cheval, pensez à lever les yeux vers ces étiquettes que vous ou d'autres lui ont collées. Prenez votre courage à deux mains pour percer le ballon des interprétations associées à cette case parfois trop étriquée, pour faire pleuvoir le nuage des jugements et des peurs que ce gros mot a nourri, et retrouver le soleil d'un mot simple et léger qui viendra éclairer votre chemin.

Une bonne étiquette est factuelle, utile, évolutive, non-contraignante et sans aucun jugement. Une bonne étiquette, c'est un espace de liberté, pas un enfermement. Votre cheval n'est pas qu'une série d'étiquettes, il est un être unique, complexe et riche. Les mots vous aideront à le comprendre, à vivre chaque jour à ses côtés, à travailler en bonne harmonie avec lui. Prenez simplement soin de ne pas laisser les mots grossir au point d'éclipser l'être vivant derrière.

Les étiquettes ont du pouvoir, mais nous avons le pouvoir d'en faire nos alliées.


Alors, quelles sont les étiquettes qui s'appliquent à vos chevaux? Sont-elles choisies ou subies, et quel pouvoir leur donnez-vous?

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Cet article participe à la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Lisa, du blog Pretty Riding, sur le thème "Les gros mots du cheval". Il pourrait cependant aussi s'appliquer bien au-delà du monde équestre.