Randonnée en Mongolie - 1 : Départ vers le rêve

Voici le récit d'un voyage vers l'univers du peuple cavalier, à la rencontre d'une autre culture. Quoi de plus approprié pour partager la vie des nomades que de visiter leur pays du dos de leurs chevaux. Un voyage à la fin du mois de mai 2012, dans la vallée de l'Orkhon, quand le printemps vient doucement réchauffer les steppes.


Premiers contacts



Une envie, une idée, une occasion. C’est ainsi que tout commence. Une envie telle un rêve de cheval, une occasion qui s’offre à moi, et une idée qui s’invite et qui s’installe. Pourquoi pas partir si loin là-bas, où le cheval est comme le souffle de la vie, là où les steppes s’ouvrent à ceux qui veulent bien les rencontrer, où l’on vit encore comme autrefois. Alors c’est décidé : je pars en Mongolie !

Quelques mois à passer avant le grand départ, je rêve et  j’imagine : les grands espaces, les longs galops, les chevaux mongols et ces mystérieux nomades qui vont nous accompagner. Les steppes qui s’étendent sur des kilomètres sans rien pour couper la vue, un monde un peu désert… Serait-il possible que le rêve devienne réalité, comment ce pays peut-il être encore aujourd’hui l’empire du cheval ?


Et voilà le moment venu, en un coup de vent les semaines ont passé et le jour du grand départ est arrivé. Je vais enfin savoir ! Inquiétude de l’inconnu, mais espoir de moments uniques. La valise est bouclée grâce à l’art magique du rangement que seule maîtrise ma maman.

Aéroport, première rencontre : tiens, voilà 4 messieurs qui parlent d’Oulan-Bator. Combien ici vont au même endroit que moi, et avec une « bombe » dans leurs sacs… Je les reverrais bientôt.

Décollage. On traverse les nuages pour se retrouver au dessus. Survol d’un océan de coton, d’une blancheur éblouissante. Semblable à un continent recouvert de neige immaculée, plaines et montagnes irrégulières, entrecoupées parfois d’une fenêtre laissant entrevoir la Terre en contrebas. Envie d’une sieste sur cet océan de légèreté. Bon voyage.

Départ vers un autre monde, décalage immédiat, ouverture vers la nouveauté. Voici Moscou, forêts d’arbre à perte de vue lors de la descente et aéroport rugissant de modernisme. Je rencontre ici mes camarades de voyage, les quelques Français courageux qui partent un pays si différent du leur : Marion, Alain, Jean-Pierre, Jean-Paul et Frédéric. Un verre pour briser la glace et nous voilà repartir en direction du soleil levant qui colore le ciel comme pour nous souhaiter la bienvenue.

Et soudain un autre monde salue notre arrivée.
Aéroport désert, niché au sein de plaines et de montagnes ocre, couleur de la terre aride qui les recouvre, comme posé au milieu de nulle part. Après avoir franchi les contrôles dans ce décor d’un autre âge, nous découvrons que nous sommes attendus. Six personnes seront aux petits soins pour nous six pour les 15 jours à venir, et quatre d’entre eux sont ici : Mende et Kischke, nos deux chauffeurs de 4X4 experts en traversées délicates, Bagii, le cuisinier à l’épreuve des éléments, et Ash, notre interprète qui facilite bien la communication entre nous tous.

C’est parti pour notre première étape : nous découvrons LA route, unique  trait de goudron rectiligne qui semble mener droit vers nulle part. Elle offre à nos regards la Mongolie, pays aux milles visages. En quelques instant, bien loin déjà la capitale, que nous n’avons fait qu’effleurer par sa banlieue matinale. Les troupeaux, moutons et chèvres, par centaines en libertés, tapissent plaine et flancs de montagne. Parfois vaches et chevaux efflanqués traversent à leur gré et rappellent à tous qu’ici leur territoire se joue des limites des hommes. Le décalage horaire attire le sommeil, mais la fascinante magie des paysages l’entrecoupe d’instants beauté. Plaines et collines forment un décor sans cesse renouvelé, la verdure trouve peu à peu sa place, terres ocre qui cèdent face au vert hésitant de l’herbe rase à perte de vue. De courts buissons s’imposent pour encadrer la rivière. Montagnes vertes, puis roc à nu. Petit à petit, la présence de l’homme s’efface, pour ne resurgir que par une ville croisée par surprise, une seule en 300 km. Plus de lignes électriques… Seules des yourtes isolées, posées comme des ovnis blancs dans le paysage, nous rappellent les gardiens des troupeaux croisés tantôt à cheval, tantôt à moto, et souvent l’un et l’autre côte à côte,  mélange de modernité et de tradition qui symbolise si bien ce pays. Premier arrêt et soudain je suis seule au monde, personne à l’horizon dans un univers qui s’étend pourtant autour de moi. Liberté. Émerveillement.

Cinq heures sur cette route qui est devenue notre alliée, et soudain nous la quittons. Sans prévenir, la piste nous emmène vers le désert, celui que l’on surnomme le Mini-Gobi. Dans un écrin bien abrité par des montagnes rocheuses, voici le camp de yourtes qui nous accueillera ce soir. Révélation : un arbre. Voilà donc ce que la route m’avait fait oublier : c’est le premier que je vois depuis mon arrivée en ce pays et pourtant j’avais déjà oublié qu’ils m’avaient manqués.

Quoi de mieux pour voir ce qui nous entoure que d’affronter cette montagne qui nous toise et nous nargue. 275m de dénivelé. Et le vent, froid, surprenant, puissant, permanent. Mais c’est pays vivant qui se découvre par cette escalade, étape par étape. En bas, les buissons fleuris qui détrompent ce nom de « désert ». Là ! Une vache et son petit en train de brouter, isolés : mais par quel miracle ont-ils bien pu arriver là ? Et les fleurs, partout, jaunes, bleues, violettes, petites mais battantes, qui créent des taches de couleur dans ce paysage vert et ocre. Au sommet, c’est un panorama à 360 degrés qui s’offre à nous, et pas deux degrés qui se ressemblent. De chaque coté où je me tourne, le monde change : steppe, sable, eau, vallée, montagne, … Et là, en bas, nos yourtes ! Pas de mots pour la décrire, mais j’ai le souffle coupé devant cette immensité.

Le camp de yourtes vu du dessus


Horizon, Infini


Et plus tard, visite d’un temple reconstruit, extérieur bien peu imposant. Mais univers intérieur aux milles couleurs, rouges, jaunes et bleus dans une folle farandole, comme un pied de nez à ces grands espaces monochromes qui ne peuvent s’imposer ici. Un temple tel le pays, une face visible presque uniforme, qui cache des trésors qu’elle n’offre qu’à ceux qui sont prêts à les chercher.


Mongolie, pays indescriptible, mais magique. Immense, sans fin, toujours changée, toujours changeante, mais toujours unique, tu me fais rêver.


Déjà la rencontre d'un pays, qui nous met des étoiles dans les yeux. Seule nous reste dès lors l'impatience de rencontrer nos chevaux et leurs éleveurs. Peut-être au prochain épisode...

Retrouvez aussi tous les articles sur mon voyage en Mongolie: récits et conseils.

2 commentaires:

  1. Un vrai rêve... Qui va directement sur ma liste de voyages pour 2015!! C'est magnifique. J'ai hâte de découvrir cet endroit merveilleux. Merci de partager vos aventures, c'est passionnant de vous lire.

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    Réponses
    1. Merci! La Mongolie est vraiment un pays unique, à découvrir tant pour ses paysages que pour son peuple.

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