Randonnée en Mongolie - 3 : Chevaux, steppes et nomades

Après l'arrivée en Mongolie, et mes premiers pas dans ce pays, voici venu ce moment tant attendu, celui où nous montons enfin à cheval.



Chevaux, steppes et nomades


Le vent s’est arrêté et surprise au réveil : il a neigé ! Magnifique vallée blanche, espaces immaculés rompus parfois par un cheval qui s’interpose.



Puis première mise en selle. Les petits chevaux mongols sont bien différents des nôtres. Même les nomades les approchent difficilement. Ils en ont même rattrapé un en le coinçant dans un coin (oui, on en trouve !) avec un corde. Pas de pansage, ils mettent la selle et le filet directement. Et quel filet : quelques bouts de cuirs, un mors et des nœuds, et le tour est joué. Je découvre la petite boule d’énergie qui va m’accompagner pour cette rando. Boldo et Chimi-Dorj sont nos guides. Boldo prends les deux chevaux de secours en longe et c’est parti. Il monte un petit cheval très vif, avec un trot très rapide que les autres chevaux suivent au galop. Sauf le mien ! Et le grand trop rapide avec un tout petit cheval, c’est quelque chose !



Selle de randonnée face à l'immensité de la steppe
A peine partis, on se lance dans la première chevauchée : grand trot, puis galop au milieu des montagnes enneigées, qui semble se prolonger indéfiniment. Génial !

Nous devons tout de même nous arrêter afin de ne pas perdre les 4X4. Alors, la rando se poursuit sur un rythme plus calme. Ce midi, repas d’une spécialité mongole, beignet farci de viande et de riz. 



Port d'attache d'un midi dans l'océan vert
L’après-midi, on repart sur le même rythme: très grand trot! J’apprends bien vite la technique pour galoper : je dois me retrouver au niveau de Boldo, et le mot magique est alors « Tschou ». On suit des vallées sans fin à fond les gamelles. Au passage, on croise des troupeaux de toutes espèces. Bien des juments sont suivies de poulains d’à peine quelques jours. Mais à ce rythme, notre passage n’a pas le temps de les déranger.



Chevaux de secours et soupçon de modernité électrique
Ce soir, nous rejoignons les sources chaudes de Tsagaan Sum, lieu où surgissent soudain maisons de bois et yourtes pour touristes. Une vraie piste est même revenue pour nous y mener. Mais c’est un peu plus loin, cachés entre deux collines, que nous montons le camp pour la nuit. Ce soir, j’écris mes vacances près des mongols qui jouent aux cartes et me confient la lourde tache de tenir les scores.  Et ce soir, comme presque chaque soir, un voisin vient nous rentre visite et partager un moment de convivialité.


Technique de camouflage équestre
Nuit sous le tente. Le lendemain matin, après avoir regardé Chimi-Dorj jouer à cache-cache avec les chevaux fugueurs, nous partons pour une petite journée tranquille. Beaucoup de pas, mais toujours aussi dynamique. Nous suivons d’abord une crête, puis une vallée encadrée par les forets de mélèzes. Forêts clairsemées, beaucoup d’arbres morts ou coupés, et les aiguilles des mélèzes qui commencent à peine à colorer ce décor d’un vert timide. Rectification de mon impression première : Boldo a changé de cheval, mais il va toujours aussi vite. On sent toute l’expérience d’une vie à cheval, de ces hommes pour qui monter est aussi naturel que de marcher. Même au pas, il est loin devant nous. Impressionnant !


Nous parcourons de nouveau une grande distance à grande vitesse : j’alterne entre galop et très grand trot : il ne faudrait tout de même pas semer les autres ! On passe même à fond au travers d’un troupeau de yaks. On croise aussi des troupeaux de chevaux, avec les poulains de quelques jours, qui comme nous découvrent ce beau pays.



Omniprésents troupeaux de chèvres et de moutons
Le midi, pause sur un flanc de montagne parsemés de rocher. Notre arrivée avait fait fuir les troupeaux, qui se rapprochent petit à petit pour réoccuper ces lieux qui sont leurs. Ensuite, nous partons à travers la forêt (clairsemée) de mélèzes et montons doucement à travers bois. 




Prières dans le vent
Au détour d’un chemin, nous apercevons soudain des dizaines de drapeaux verts portés par des fils tendus entre les arbres. Quelle belle façon d’offrir ses prières au monde. Ils annoncent le monastère de Tovkhon. Nous entrons alors dans une clairière entourée de tous cotés par des tissus de prière, bleus cette fois. Sur notre gauche, un pan de montagne rocheux sur lequel se situe le temple et à ses pieds les yourtes des moines. Un escalier nous mène alors vers le temple, débauche de couleurs de ces quelques cabanes de bois. Puis nous poursuivons l’ascension à flanc de montagne, avant une dernière escalade, dernier effort pour atteindre le sommet et mériter ce panorama à 360° qui s’ouvre sur cette magnifique région de Mongolie. Vallées et montagnes, couvertes d’herbes ou de mélèzes, dans toutes les directions. Boldo et Chimi-Dorj nous attendent en bas, avec les chevaux, et nous proposent de l’eau issue de neige fondue offerte par les moines. Ensuite, retour aux 4X4 par le même chemin forestier, qui me semble pourtant différent, au rythme des chants mongols de Boldo.

Au pied de Tovkhon: attention mesdames, une surprise
vous attends au sommet (mais la vue est belle quand même)



Nous établissons ce soir le campement à proximité du lieu de la pause de ce midi. Avant le repas, c’est apéritif local : vodka « Chinggis Khan ». Et comme nous l’avons découvert plusieurs soirs précédents, on la boit à la manière locale : « tortoï », c'est-à-dire cul sec ! Sans compter qu’il ne faut pas refuser avant le troisième verre : les miens seront petits ! Après le repas et le montage des tentes, c’est conte mongol, lu par Marion.



Puis nous devons faire boire les chevaux. Cette phrase anodine nous réserve pourtant une surprise : le ruisseau se situe 10 mètres en contrebas et il faut y faire descendre les chevaux. Boldo choisit le chemin le plus direct … et donc le plus raide.  Il a bien rit en nous voyant tenter de descendre sans glisser et en menant nos chevaux, à distance, car eux-aussi cherchent leur chemin. Quelle aventure ! Certains chevaux vont toujours en liberté : l’un de ceux-là aura l’idée d’aller emmêler sa longe dans le seul buisson du coin. En allant le chercher, je remarque qu’il s’est installé sur une plaque de glace, preuve que l’hiver n’a pas quitté ces contrées depuis bien longtemps.


Pour finir cette belle journée, je m’installe avec mon carnet  au coté des mongols, devant le 4X4 pour se protéger d’un vent toujours aussi mordant. Il y a là « Ash », notre interprète, au nom si compliqué que l’on ne retiendra que ce surnom, Boldo et son sourire plein de malice, Chimid-Dorj, Bagii le cuisinier, sans oublier Mende et Kishgee, les chauffeurs intrépides. Résultat, je me fais embaucher pour marquer les points de leur jeu de cartes, sorte de poker/bataille mongol, joué si vite que les règles m’échappent encore. Avant que j’aille rejoindre ma tente pour une nuit de sommeil bien méritée, deux nomades de la yourte voisine arrivent en moto. Ils ne se connaissent pas, mais pourtant s’installent avec naturel et discutent avec nos accompagnateurs. Cette capacité des Mongols, en particulier des nomades, à accueillir de parfaits inconnus à bras ouverts ne cessera de me surprendre et de m’émerveiller.

Un voisin d'un soir qui rentre ses troupeaux


Voilà comment ces premiers jours à cheval nous ont offert un aperçu de la diversité des paysages et de la culture mongole. Culture que nous pourrons mieux appréhender lors de notre rencontre avec les familles de nos guides, dans la suite de ce récit.

Retrouvez aussi tous les articles sur mon voyage en Mongolie: récits et conseils.

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