Randonnée en Mongolie - 4 : Vie nomade

Une fois passés les premiers émois de la découverte de l'équitation mongole, c'est l'heure de la rencontre avec les familles de nos guides.


Vie de nomades

Bivouac


Face à l'immensité
Ce matin, départ à fond. On n’oublie pas de faire boire les chevaux, puis c’est parti. Trot, galop, dans la plaine. Traversée de la petite vallée au pied du campement et remontée de l’autre côté. Boldo devant, au grand galop. Et les autres ? Derrière, loin ! Les chevaux se séparent en deux groupes selon leur éleveur. Même au pas, en montée, ces petits chevaux ont de l’énergie. Boldo s’arrête tout de même un instant en haut de la crête pour nous attendre. C’est parti pour la descente, ça y est, on a perdu les autres. Une fois en bas, premier long galop dans la plaine qui déroule pour nous ses espaces infinis, laissant le temps comme suspendu dans cette course folle. Le regard porte loin, personne en vue. Bientôt, l’Orkhon s’offre à nos regards, nous voici dans sa vallée. Traversée à gué sur le dos de nos montures, avant un repas face à la rivière et aux roses et ocres de la colline qui la borde.

Aire de pique-nique



Steppe et chevaux de secours
Et c’est reparti sur le même rythme. « On y va » ! À peine 10 m de parcourus et on fait « Tschou » pour rejoindre, d’un court mais intense galop, l’autre groupe parti devant. C’est une steppe parsemée de rochers qui affleurent qui sera la marque de cette vallée, que nous suivrons désormais. Bientôt, un groupe oblique et nous voilà à quatre au cœur de cette immensité, suivis de nos deux chevaux de secours en liberté. Grand galop interminable, à fond sur des kilomètres, pour traverser la plaine. Génial ! Quand on rejoint, au cœur de la vallée, une région plus caillouteuse, où la roche affleure par endroits, on repasse au trot, pour alterner ensuite trot et galop. Ces petits chevaux infatigables ont le pied sûr, avec un trot rapide à petites foulées comme allure de prédilection, même sur les plaques de roche.


Notre guide Boldo et nos montures qu'il a élevées
  
Après une pause pour reposer les cavaliers assoiffés, nous repartons pour rejoindre en milieu d’après-midi le camp de yourtes où vit la famille de Boldo. Sa femme nous accueille en nous offrant le traditionnel thé au lait salé. La première fois, il est surprenant, mais les suivants seront appréciés. Tout est prêt pour faire de notre venue une fête. Pour nous accueillir, sur le poêle central mijotent dans une grande marmite les abats tous frais et encore saignants du mouton tout juste abattu. D’ailleurs, les morceaux de choix et la tête ornent le mur de la yourte. Mais d’abord, à l’heure du goûter, les abats cuits seront servis dans la marmite posée à même le sol. Chacun est invité à couper son morceau et le manger avec les doigts … ou à s’éclipser discrètement car il serait bien malpoli de refuser. Et ce soir, on dort sous la yourte, au chaud !


16h : les abats sont servis, bon appétit

Insertion dans le paysage
Dehors, devant les yourtes, les enfants jouent, s’amusent à poser pour les photos et ne refusent pas les bonbons. La porte des yourtes est toujours orientée au sud, alors c’est derrière nous que s’étend la vallée, herbe rase, verte et jaune, rompue parfois par les blancs et bruns des troupeaux. Le soir venu, les chèvres nous rejoignent pour l’apéritif. Celles qui n’ont pas la chance de lécher le sel des boites de pistaches se contenteront de gouter au panneau solaire et de se précipiter sur la sueur des chevaux restée sur les tapis en train de sécher.


Gite avec vue et garage


Pendant ce temps, les nomades nous préparent un plat typique mongol: le Khorkhog. Dans un pot à lait en fer, on mélange les beaux morceaux du mouton (cotes, omoplates,… avec les os) avec des pierres chaudes sorties du poêle et des oignons, puis quelques pommes de terre et carottes. Le pot est alors fermé hermétiquement à l’aide de morceaux de ce qui ressemble fort à une chambre à air, et mis à chauffer directement dans le poêle. Le moment du repas est lui aussi impressionnant : on mange avec les doigts et les Mongols semblent pris d’une frénésie soudaine. Ils dévorent à toute vitesse ! Ce mouton est délicieux. Bientôt la nuit tombe, les animaux sont rentrés. Chèvres et moutons dans la bergerie en bois. La moto et son klaxon pour aller chercher les yaks, puis les enfants prennent le relai et les mènent, à pied et en criant, jusqu’au devant de la bergerie. Et les chiens sont là pour protéger les troupeaux la nuit, leurs aboiements sont là pour nous le rappeler. Gare à celui qui osera s’aventurer dehors cette nuit…

Visiteur inopiné du soir

Les chutes de l'Orkhon, un incontournable de ce voyage



Même en mai, l'hiver n'est jamais loin
Aujourd’hui, départ vers les chutes de l’Orkhon. La rivière qui serpente au cœur de la steppe chute soudain dans une vallée encaissée où s’épanouissent de nombreux arbres. Un petit recoin de vie coupé du vent, qui s’offre au regard de celui capable de trouver le chemin qui y mène. Apaisement. Le peuple d’ici n’a pas manqué de reconnaitre cet endroit spécial. Un arbre coloré de nombreux tissus bleus surveille ainsi les lieux. Le chemin le plus court n’est pas le plus simple, mais il nous permettra tout de même de rejoindre, là-haut, les vents qui n’ont pas cessé en notre absence. Bientôt, au gré des ondulations de la steppe, un miroitement blanc dans le lointain. Nous découvrons un lac gelé, qui combat encore goutte après goutte l’arrivée de l’été. Pas mal comme aire de pique-nique improvisée ! Et rien ne sera perdu de notre repas. Une dizaine de faucons le partagent avec nous et ramassent la moindre miette en un étonnant balai aérien. Attention à vos têtes, ils sont sauvages mais pas farouches !



Qui veut galoper?


Arrivée de nos bêtes de bât
Mais déjà nous voilà repartis, longue galopade dans les steppes, avant d’atteindre l’entrée d’une région plus boisée. La piste est sinueuse, un panneau de signalisation est là pour nous en prévenir. Il faut aussi éviter les chiens qui courent vers nous en grondant et criant, risquant d’effrayer les chevaux, mais nos amis nomades veillent. Bientôt, voici venue la fin de la piste, qui cède la place face à la forêt. Les 4X4 n’iront pas plus loin : ce sont les yaks que nous voyons arriver qui vont nous accompagner pour les quelques jours à venir. Demain, il faudra confier nos affaires à ces grosses bêtes pleines de poils un peu pataudes et à la démarche chaloupée. Pour ce soir, la rivière se cache dans la forêt. Elle offre à boire pour les chevaux et une toilette à la (très) fraiche pour les cavaliers. Il faut juste retrouver le bon chemin au retour, même si tous les arbres se ressemblent. Le petit bois à leur pied sert quand à lui à allumer un bon feu qui attire et unit les chants de deux cultures. La nuit révèle alors un ciel infini, piqueté de plus d’étoiles qu’il n’est possible d’imaginer. Rêve de nuit à la belle étoile.


Sommeil en bordure de forêt et avec compagnie

Après ces quelques jours pour s'immerger dans cette vie d'errance, nous allons quitter les dernières traces de civilisation pour atteindre une région encore plus reculée.

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2 commentaires:

  1. Magique... euh, sauf peut-être les faucons qui s'invitent à table !

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    1. Merci. Et les faucons, c'est vrai que c'est très impressionnant! Ils nous repèrent vite, on en a vu presque tous les jours!

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