Randonnée au Sénégal - 1: Le voyage avant le voyage

Juin 2014: Me voilà partie vers une nouvelle randonnée, dans un pays de soleil: le Sénégal. Un voyage où le dépaysement commence avant même de quitter la France.

Voici enfin venu le moment du départ. Un départ vers le soleil, vers ce rêve de cavalière qu’est le galop sur la plage, et encore une fois vers la rencontre d’une autre culture. Ce moment où on laisse couler les soucis, les blablas, les inquiétudes, et où l’on se prend à apprécier l’instant présent. Lorsque la clé se tourne dans le serrure, c’est déjà les vacances. Les bagages sont prêts, tout est rentré ! Cette valise est un signe que ce trajet sort des habitudes, tout comme le chemin emprunté.

Début du voyage

Décollage


Et dès l’aéroport, je suis déjà ailleurs. Le lieu est peuplé de voyageurs de tous bords, ruche frétillante au mouvement incessant.

Première étape : l’enregistrement. Pour Dakar, c’est par là. Ici déjà, je commence à partir. Si les touristes sont nombreux, ils sont pourtant entourés par ceux qui attendent de rentrer au pays. Toutes les générations sont ici, et les femmes représentent l’Afrique. Il y a ces mères de famille aux tenues traditionnelles, éclatantes de couleurs, foulard sur la tête et parfois un enfant porté dans le dos. Symbole d’une génération bien intégrée, leurs filles sont elles de vraies parisiennes, de leurs vêtements à la mode à leur langage, vissées à leur portable, de jeunes femmes modernes et dynamiques. Et je me surprends à admirer la patience de celle qui a créé ces nombreuses tresses si fines et délicates qui subliment la chevelure de ces deux petites jumelles. Leurs chariots sont bien plus chargés que ma simple valise, et il y a tant de vie dans une simple file d’attente.

Billet en poche, valise déposée, me voilà qui embarque pour la valse des vérifications et multiples contrôles qui sont la vie d’un aéroport, équipée de mon inséparable passeport. C’est tout l’art de ce lieu que d’alterner étapes et attente pour mieux tester notre patience. Derniers moments en ce lieu qui n’est plus tout à fait la France, pas tout à fait ailleurs, et déjà mon carrosse volant est avancé, et petit à petit vient se peupler.

Horizon passager
Un voyage en avion est comme une bulle, moment suspendu dans les ronronnements des moteurs, qui permet de faire le vide et transition pour vraiment s’en aller. Calme et lumière tamisée, je décroche et déconnecte. Me voilà enfin partie.


Un hublot relevé, et j’entraperçois mon arrivée. Illusion d’optique ou imagination, les nuages s’étendent tel le désert vers l’horizon, colorés de sable par le soleil couchant. Un accueil tel le pays qui nous attends, et nous descendons alors vers Dakar, en suivant la course de l’astre du jour.


Dépaysement au Sénégal


Ouverture des portes : d’abord la chaleur nous frappe, contraste après l’ambiance si contrôlée de l’air climatisé de l’avion, et puis l’air, humide et un peu trop dense, comme brumeux. Quelques mètres dans la nuit au pied de l’avion, pour rejoindre le bus, puis le hall à peine quelques dizaines de mètres plus loin. Sécurité, visa, bagages, un peu brouillon, un peu confus, suivons la foule ! Sortie.

Quel accueil ! Sous la lumière artificielle dans la nuit, une allée d’honneur de barrières blanches en un long demi-cercle. Derrière celles-ci, une haie de visages noirs, certains qui attendent avec leur pancarte, mais beaucoup qui vous alpaguent. « Taxi » ou « Carte de téléphone », vous demanderont-ils avec un sourire, mais insistance. Cacophonie, dépaysement, désordre, animation, surprise, où suis-je ?

Est-ce ce qui m'attend?
Et je suis attendue. Le panneau African Ranch et derrière lui, Doudou, mon guide, accompagné de Marie. Me voilà déjà bien accueillie. Et déjà Doudou qui veut me faire croire que sa voiture est dernier cri, et qu’elle n’aurait pas besoin d’un chauffeur pour nous emmener. Mais c’est là un doux rêve, et il lui faudra tout de même affronter les bouchons au volant.

Dakar. Les grands minibus bondés jusqu’au toit, les taxis jaunes un peu déglingués, les camions, les 4X4 dernier cris et les voitures cabossées, tous s’entassent dans notre direction. Même les vaches semblent perdues sur le terre-plein central, contemplant la folie des hommes et cherchant leur chemin à travers la cohue. Il semblerait que ce soir, c’est fête. Les gens se retrouvent sur de larges trottoirs qui repoussent les maisons dans la pénombre de la nuit. Si des ponts piétonniers survolent cette 2X2 voies à intervalles réguliers, de nombreux téméraires empruntent le trajet le plus court et se faufilent entre les véhicules qui roulent au pas.

Ce bord de route est lieu de vie, ici un groupe de femmes tout de blanc vêtues en habit d’apparat, là un arrêt de bus plus ou moins improvisé, ici encore un vendeur étalant tissus et vêtements à même le sol sableux. Les immeubles sont un mélange hétéroclite d’ancien et de nouveau, beaucoup encore en construction. Ici, peu d’enseignes voyantes pour les magasins, mais un simple nom en lettres majuscules sur la devanture.

Notre lente avancée me révèle peu à peu ce coin de ville. Quand on rencontre un terrain vague au détour d’un croisement, il est occupé de chevaux immobiles, voisins des charrettes au repos qu’ils tireront au matin. Nombreux sont les locaux qui marchent ou attendent au bord de la route, parfois si proches en dépit du bon sens.

En route

Et puis soudain l’autoroute, neuve, récente, et les panneaux identiques à ceux croisés sur les routes de France, comme pour renforcer le contraste avec le reste du pays. Pourtant, même ici, les jeunes hommes s’accrochent à l’arrière des minibus, agrippés du bout des doigts, même à quatre-vingt à l’heure.

Et puis c’est parti pour la route, qui dévoile ses visions dans la nuit. Il y a ces arbres un peu tordus. Il y a ces bus au toit chargé de plus d’un mètre de bagages. Il y a ce camion qui a quitté la route, et ce camion qui annonce sur sa cabine « Dieu merci », comme une prière pour ne pas quitter la route à son tour. Il y a hommes, ânes, chèvres et chiens qui nous regardent passer. Et toujours du monde sur la route, et beaucoup d’animation à chaque ville rencontrée, lumière, musique, vie, concentrés à quelques pas des véhicules. Nombreux d’ailleurs sont parmi ceux-ci arrêtés sur le bord de la chaussée.

Dernière grande ville, et la route se dépeuple petit à petit. Virage. Une charrette en bois tirée par un cheval vient à notre rencontre, éclairée de la seule lueur d’une lampe de poche. Dès lors, nous ne croisons plus que quelques groupes de jeunes gens sur le bord de la route, et beaucoup d’ornières sur celle-ci. Alors un portail aux têtes de chevaux dessinées nous accueille à l’arrivée, et la nuit est l’hôte d’un sommeil bien mérité.


Voilà déjà une première journée de passée, riche en émotions et en découvertes, des rencontres et un voyage qui commence quand l'esprit se libère et s'ouvre au monde. Et demain, je vais commencer à randonner sur les chevaux sénégalais.



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