Quand les mots des cavaliers deviennent des maux

Lorsque l'on part randonner à l'étranger, la première étape du voyage se passe souvent à l'aéroport. Et, parce qu'il est encombrant, le cavalier transporte souvent son couvre-chef favori dans son bagage à main. Évidemment, il faut passer les nombreux contrôles de sécurité. À ce moment-là, le cavalier s'épargnera bien des problèmes si il évite de déclarer en toute honnêteté au douanier: " Dans mon sac, il y a ma bombe". Voilà une vérité qui pourrais être bien mal interprétée!


Heureusement pour moi, lors de mon dernier voyage, le douanier m'a demandé si c'était un casque dans mon sac, ce à quoi j'ai pu répondre par l'affirmative sans céder à mon penchant équestre qui aurait pu me faire prononcer ce mot explosif dans un aéroport.

C'est ainsi que j'ai réalisé ce que le vocabulaire équestre peut avoir de surprenant pour le non initié.

Petit florilège de nos mots bien à nous, cavaliers, tels que d'autres les entendent, et des incompréhensions qui en découlent.


"Tu vois la triangle là, c'est la fourchette, il faut bien la nettoyer, et la sole aussi." Le poisson et le couvert, bon appétit.

"Attention à ton assiette."  Pour manger la sole avec la fourchette,  c'est mieux. (Phrase valable aussi en cas de pique-nique sous le vent en Mongolie)

"Le boulet et le canon sont enflammés." Attention, risque d'explosion. Tous aux abris.

"Il lui va bien son nouveau mort." La nécrophilie n'est pourtant pas une pratique très avouable.

"La salière est juste au-dessus du rocher." Le retour du pique-nique en bord de mer.

"Elle s'est pris un taxi sur le dernier, attention." Voyage, voyage. Et risque d'accident!

"Mon tapis de sel est trempé." Marais salants.

"Il n'a pas assez de jambes." Unijambiste?

"Mets ton cheval sur la main." Costaud, le mec! Ou alors, c'est un cheval en plastique?

"Commencez votre détente."  Facile de se détendre quand vous êtes sur le dos d'une bête de 600 kilos...

A ceux qui auraient remarqué d'éventuelles "fautes d'orthographe" dans certaines de ces phrases: félicitations, vous êtes de vrais cavaliers!

Vous noterez que les thématiques guerrière et de la nourriture sont très prisées. Un héritage douteux de l'équitation militaire peut-être pour la première, mais la seconde signifierait-elle que cavaliers et montures sont des gourmands ?

Et vous, y a t-il des mots et expressions du vocabulaire équestres qui vous ont surpris, étonnés ou amusés? Ou bien avez-vous vécu des situations improbables à cause d'un problème de vocabulaire ?

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Matin coquin en Suisse

Hier absent, présent seulement à l’instant du coucher, il est revenu ce matin la caresser. Sous son regard lumineux, elle s’éveille peu à peu. Doucement, elle se fait joueuse, et tire avec lenteur sa sombre couverture effrangée, dévoilant progressivement formes et rondeurs. Pudique, elle garde pour elle sa face cachée, quand au fur et à mesure il s’élève à ses côtés. Peu à peu sont révélées les imperfections brutales et déchirées qui font sa beauté, cicatrices souvenirs d’une lointaine époque ou marques de son histoire. Sa silhouette élancée alors éclairée, se tend vers lui de tout son être. Seule sa gorge profonde reste dissimulée, dernier secret protégé pour mieux le rêver. Elle étincelle désormais de toute sa beauté, face à son compagnon épanoui.


Et alors que son rire se révèle en échos étincelants sur le lac voisin, elle, pudique, couvre les détails extérieurs de son âme d’un voile diaphane.



C’est ainsi la danse quotidienne du Soleil et de la Montagne au réveil. Quand le lever du jour lève le voile d'ombre qui recouvre la terre.



Qu’aviez-vous imaginé ?



Surprenantes montagnes suisses quand elles se dressent sous un ciel ensoleillé, reflétées sur le lac qui leur caresse les pieds, dissimulant derrière un voile de brume leurs hautes compagnes enneigées. Une montée raide pour mériter le paysage, et se retourner face à l’infinité vertigineuse, lac tortueux et vallées enherbées si bas, surmontés par les durs sapins au pied des murs de roches sous les sommets blancs. Et, combattant les raides falaises, des forêts aux couleurs calmement changeantes, et les branches fines qui se dessinent sur le ciel du soir.





Voici un petit aperçu de la beauté enivrante de la montagne suisse, qui enflamme l'imagination et apaise l'âme. Alors, envie d'y aller?





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Bilan du sondage

Comme vous le savez, j'ai lancé il y a quelques semaines un petit sondage pour connaitre dans quel pays vous souhaitez que je vous emmène dans mes prochains articles.

Et la conclusion, c'est que le pays que vous avez le plus envie de visiter, c'est... la France! Et oui, il semble que, comme moi, vous aimez notre beau pays. Alors je vous prépare de nouveaux récits en France, en particulier celui de ma dernière randonnée en Normandie.

Et votre envie de (re)-découvrir des pays si proches de nous est confirmée, puisque, presque autant que la France, c'est la Suisse que vous voudriez voir ici. Rendez-vous donc prochainement pour un premier article sur mon séjour en Suisse, sans chevaux pour une fois.

Et pour des voyages plus lointains, c'est la Mongolie qui vous attire, alors je vous y remmènerai aussi bientôt.

Merci à tous ceux qui m'ont donner leur avis, et rendez-vous jeudi pour un "Je dis voyage..." dans l'un de ces pays.



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Le jour où j'ai compris la mise sur la main

Les cavaliers l'auront compris d'après le titre, aujourd'hui je vais parler équitation. Et en particulier dressage. Après avoir organisé une édition de la Cavalcade des blogs, je redeviens simple participante. Voici donc ma participation à la onzième édition de cette Cavalcade, organisée par Alexandrine, du blog Éduquer son cheval, sur le thème de la progression et l’évolution du cavalier grâce et au travers du cheval. Je vais donc vous parler d'un problème que j'ai rencontré dans ma progression en équitation, et comment je l'ai résolu.

La mise sur la main. Une expression qui m'a longtemps fait fuir tellement le concept me paraissait étranger. La mise sur la main, c'était une espèce de position particulière du cheval avec un contact entre sa bouche et mes mains. Ou, comme le dit la définition: "Un cheval est sur la main lorsqu'il tend symétriquement ses rênes vers le bas et vers l'avant de façon constante grâce à l'engagement de ses postérieurs." Mais entre connaitre une définition et la comprendre, il y a un gouffre.



Pourtant, ce n'est pas faute de monter des chevaux dressés. J'avais déjà eu des chevaux sur la main, des chevaux archi-dressés qui venaient en main tout seuls. Une jument montée en permanence en rênes allemandes et donc toujours en place sans rien demander. Oui, mais voilà, je n'arrivais pas à le sentir, à saisir ce qui se passais, à ressentir cet "état" particulier du cheval. Rien n'y faisais, je ne comprenais pas. Et ça a duré longtemps.


Incompréhension: Un cheval sur la main...
Source: Guido Daniele

Les poons que je montais le plus souvent, à l'inverse, était des jeunes sans expérience qui apprenaient autant que moi. Mais ils m'ont aussi énormément donné. Oui, j'ai appris l'incurvation en même temps qu'un poney de trois ans. Et c'est une technique qui marche. Enfin, pas toujours. Donc pour la mise sur la main, c'était mal barré. Peut-être que mes montures ne me convenaient pas pour cet apprentissage, trop ou trop peu dressées, peut-être que la façon d'aborder la question ne me correspondait pas, je l'ignore. Toujours est-il que j'ai finis par détester le concept et fuir les exercices sur le sujet, parce que de toute façon, avec moi, ça ne marchait pas. 

Les années ont passé, avec les études j'ai arrêté de monter à cheval 2 ans (oui, oui, DEUX ans, je me demande encore comment j'ai fait). Quand j'ai repris, deux nouveaux clubs et quatre moniteurs en deux ans n'ont pas résolu le problème. Jusqu'au jour où...


Houston, on a un problème...


J'avais un sérieux problème, puisque la mise sur la main est un exercice essentiel dans le dressage des chevaux. Jusqu'à un certain soir d'hiver. Ce soir là, à mon grand désarrois, le moniteur a annoncé: on travaille le mise sur la main. Il s'est alors trouvé réunies deux conditions nécessaires à ma réussite. D'abord un cheval qui me convenait: il connaissait l'exercice, mais ne se mettait pas en place tout seul. Un cheval qui s'appelait ... Houston. Un nom prédestiné, non? (Pardonnez-moi le jeu de mots, il était trop beau). Et ensuite un moniteur patient et prêt à passer la séance à nous enseigner ce travail. Ce qui peut paraitre simple, mais la mise sur la main est rarement le seul objectif d'une séance. Et c'était pourtant ce dont j'avais besoin.

Je me souviens donc avoir passé une heure à tourner en rond, cercle après cercle, à tenter de jouer avec mes doigts de toutes les façons possibles. Et là le miracle, une demi-seconde, un contact furtif, une nuque qui cède un instant. Une sensation infime, mais je l'ai SENTIE. Alors on recommence, encore et encore, à une main et à l'autre, tourner en rond, chercher avec ses doigts. Et de temps en temps, un cheval qui répond. Ce n'était presque rien, et pourtant c'était tout: car ce soir-là, j'ai enfin compris cet exercice qui m'a bloquée si longtemps. J'ai eu l'impression de faire un bond en avant après avoir buté pendant des années.

Et cela grâce à un moniteur qui a pris le temps de me faire ressentir les choses. Je me souviens avoir alors résumé l'idée par la phrase "Résister pour mieux céder".  Car mettre son cheval sur la main, c'est gagner sa confiance, établir un contact léger entre sa bouche et nos mains, mais aussi transformer son équilibre pour l'améliorer. La mise sur la main passe par tout le corps du cheval, et cela j'ai mis bien longtemps à le comprendre.

Ce soir-là n'était que la première étape dans ma compréhension de cet exercice, mais une étape essentielle, un déclencheur pour mieux avancer. Pour vous dire son importance, c'était il y a déjà cinq ans déjà, mais je m'en souviens encore. Depuis, à chaque séance, j'apprends petit à petit un peu plus. Et j'ai réalisé à quel point j'avais progressé cet hiver, quand j'ai pu monter seule ce cheval de mon club que j'aime beaucoup, que nous appellerons Milou* pour préserver son anonymat. Milou donc, ne se met pas facilement sur la main. Pourtant, ce jour-là, j'ai réussi à l'avoir en place, et à sentir un cheval léger, presque aérien, en équilibre même au trot allongé. J'ai senti cette transformation positive dans l'équilibre du cheval quand il est en main. J'ai adoré il y a peu quand ma mono m'a dit que ce même cheval était super bien un soir, même si c'était dommage de l'avoir aussi bien pour une séance d'obstacle, alors que je n'ai pas obtenu le même résultat en travail de dressage avec ce même Milou la semaine suivante. Merci Houston pour m'avoir permis de vivre un jour ce moment magique.


Ce que je retiens de cette expérience, c'est qu'il ne faut pas se braquer face à un problème, qu'il faut trouver les bons interlocuteurs, humains et équins et agir pour affronter le situation. Même si parfois, nous avons besoin de temps pour cela. Et que ce soit en équitation ou dans tout autre activité, il est possible de rencontrer des difficultés, des blocages qui peuvent durer longtemps. Mais même si il nous semble que nous n'avançons plus, qu'aucune solution ne nous apparaît, nous apprenons inconsciemment de nouvelles choses, jusqu'au jour où les conditions sont réunies et tout se met en place. Toute progression n'est pas forcément linéaire, nous devons parfois faire preuve de patience et prendre des détours pour apprendre.

En conclusion: ne vous découragez pas en cas de difficulté qui dure, la persévérance finit toujours pas payer!




* C'est le moment où je réalise que nous avons réussi à surnommer du nom d'un chien minuscule un selle français bien costaud d'un 1m70 environ...

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