{Métier} Déborah, Gestionnaire de communauté équestre

Aujourd'hui, je vous propose de partir à la découverte d'un nouveau métier en lien avec le monde du cheval. Après directrice d'agence de voyage équestre, découvrons le métier de "Community Manager d’une communauté de cavaliers en ligne".

C'est Déborah Poissonnet, Community Manager (ou CM pour les intimes) en alternance chez Horsealot qui a accepté de répondre à mes questions, et je l'en remercie.


Le CM est un expert des réseaux en ligne, et il peut par exemple choisir de travailler avec une communauté de cavaliers. Une façon de rester en contact avec le monde équestre même dans un travail lié au numérique. Mais comme ce métier est assez récent, il est parfois difficile à définir. C'est d'ailleurs la première question que j'ai posée à Déborah: *quelle nom donnerait-elle à son métier?

Déborah: C’est une très bonne question! Je pense que je pourrais appeler mon métier : Gestionnaire de communauté et créateur de contenus. Ce n'est vraiment pas beau en français ! Mais ce sont les deux tâches que je fais le plus souvent et qui me demandent le plus de temps. 

 

Cavali'Erre: * Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
 

Déborah: En quelques mots, c’est toujours difficile ! Je vais essayer d’en trouver quelques uns :
 

- Passionnée : je pense que c’est le premier mot qui me décrit. Grande passionnée depuis ma plus tendre enfance du monde du cheval, j’ai toujours voulu lier ma passion avec mon travail, j’ai finalement réussi aujourd’hui à lier les deux et j’en suis très heureuse !
 

- Curieuse : il est important d’être à l’écoute de tout ce qu’il se passe et d’être réactive. Je ne passe pas toute ma vie derrière mon écran d’ordinateur mais j’ai mis en place une “veille” qui me permet d’être au courant en temps réel de tout ce qu’il se passe dans le monde équestre ! Et pas uniquement sur le web, il est important aussi d’être curieux en dehors du web. Je suis sans cesse en quête de nouveautés, de remise en question, d’ouverture d’esprit,... J’aime découvrir des livres, des thèses, des nouvelles méthodes afin de compléter au maximum mes connaissances.
 

- Polyvalente : c’est le mot le plus important je pense ! La maîtrise de nombreux outils et techniques est indispensable afin de ne pas perdre de temps et de trouver rapidement les bonnes informations. 

 
 

Cavali'Erre: *Pouvez-vous nous présenter votre métier en quelques mots? 

Déborah: Je suis Social Media Manager, comprendre Manager des Réseaux Sociaux. Mon travail est de surfer sur le web pour me tenir au courant de tout ce qu’il se passe d'intéressant dans le monde équestre afin de pouvoir créer du contenu de qualité. Je suis donc en charge de la création des posts Facebook, Twitter, Horsealot, Instagram et Pinterest. Je dois faire un planning éditorial afin de le faire valider avec l’équipe. Je m’occupe principalement de l’engagement de la communauté Horsealotienne à l’aide de différents outils: mailings, jeux concours, posts sur les différents réseaux sociaux ou encore les relations avec les marques et blogueuses.

Aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises se lancent dans le digital et c'est une très bonne chose, mais entre être présent sur la toile et animer une communauté autour d'un produit ou d'un service, il y a une grande différence. Il est primordial d'apprendre à connaitre sa communauté afin de l'intéresser et de la fidéliser. Car une entreprise qui est présente sur les réseaux sociaux mais qui ne publie jamais rien ou qui ne se préoccupe pas de sa communauté, c'est une entreprise qui perd des clients potentiels et qui renvoie une image négligée d'elle-même.



Suite à cette réponse, j'ai posé la "question qui fâche". Et j'ai eu une réponse très intéressante! *Mais en fait, vous passez vos journées à trainer sur Internet?


Déborah: Alors, oui je passe mes journées sur internet mais pas pour "trainer" ! Je dois me tenir informée de tout ce qu'il se passe sur la toile afin d'être préparée à toute éventualité! Alors oui, ça passe par Facebook, Twitter et Horsealot mais pas uniquement. Je passe aussi du temps sur des sites spécialisés comme Grand Prix Replay, Cavadeos ou encore Equidia afin d'être au courant des résultats. En dehors de cette partie de mon travail, je dois aussi m'occuper des newsletters qui me demande du temps car je dois les créer, réfléchir à des sujets qui vont plaire aux internautes, définir un objet, une cible, une heure d'envoi,... Ce n'est pas de tout repos !

 

Cavali'Erre: *D’où vous vient la passion des chevaux, et quand avez-vous décidé de l’inclure dans votre métier ?

Déborah: La passion des chevaux remonte à ma plus tendre enfance! J’ai toujours rêvé d’être une princesse avec son cheval ;) J’ai donc commencé l’équitation à 5 ans et la passion n’a fait que grandir sans jamais s’arrêter ! J’ai fait de l’équitation jusqu’à mon baccalauréat puis j’ai commencé des études supérieures et j’ai dû m’éloigner du monde du cheval. Cette séparation a été difficile mais je savais que ce n’était que temporaire. 


Puis l’appel a été trop fort et je me suis alors questionnée sur le fait de lier mes études en communication au monde équestre. Je savais que ça n’allait pas être facile mais lorsque j’ai une idée en tête, je fais tout pour me donner les moyens de réussir ! C’est donc en 2014, lorsque j’ai eu besoin de faire un stage que je me suis dis qu’il fallait que je trouve un poste dans le monde équestre. J’ai eu la chance de faire la rencontre professionnelle qui a tout changé ! Rien n’était gagné au début mais j’ai réussi à convaincre une cavalière professionnelle de me confier la gestion de sa communication et c’est là que j’ai compris que c’était exactement ça que je voulais faire !
 


Cavali'Erre: *Pouvez-vous nous décrire une de vos journées-type au travail ?
 

Déborah: Toutes mes journées ne se ressemblent pas mais sur une semaine je fais tout de même les mêmes choses. Le matin en arrivant au bureau je fais le tour des réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Horsealot pour commencer. Je regarde ce qu’il se passe, les épreuves qui vont arriver, les actualités des champions ou encore les messages et commentaires des fans. Je regarde ensuite mes mails auxquels je répond. Puis ensuite je vais faire un tour sur les mailings pour voir si mes newsletters ont marché et je commence à réfléchir aux suivantes ! Ensuite je m’occupe de tout ce qui est un peu “embêtant” comme les analyses, les chiffres, c’est ce que j’aime le moins mais je suis obligée d’analyser mes campagnes et mes posts. Je m’occupe après des tâches en cours donc par exemple la préparation des jeux concours et des newsletters. À la fin de la journée, je me garde un peu de temps pour refaire un tour sur les réseaux sociaux et répondre aux membres et puis ensuite je rentre chez moi !
 


Cavali'Erre: * Vous exercez un métier en contact permanent avec le monde équestre, mais par le biais de l’informatique. À quelle fréquence êtes-vous réellement avec des chevaux ?

Pour Déborah, les chevaux sont souvent derrière l'écran
Déborah: Ah ! C’est une très bonne question ! Pour le moment je n’ai plus de contact avec les chevaux car je manque de temps. J’ai d’autres projets en développement et donc c’est assez compliqué ! Mais en début d’année, j’avais pris une demi pension  et j’arrivais à y aller trois fois par semaine. Donc c’est tout à fait réalisable ! 

 

Cavali'Erre: *Quelles sont les difficultés et les joies de votre métier?
 

Déborah: Effectivement, comme dans tous les métiers, il y a des difficultés et des joies !

- Difficultés : le plus compliqué pour moi, c’est effectivement de travailler dans le monde du cheval sans avoir ce contact avec eux. En dehors de ça, ce que j’aime le moins c’est toute la partie analyse. Je suis issue d’une filière littéraire donc les maths et moi, c’est pas simple ! Même si c’est indispensable pour mieux comprendre la communauté. 


- Joies : avoir réussi à lier ma passion avec mon métier, c’est une grande fierté et réussite professionnelle de me dire que je peux lier les deux et même si ce n’est pas encore totalement ce que je veux faire ensuite, j’ai déjà fait un grand pas dans le bon sens. Ensuite, être au contact des membres de Horsealot et pouvoir échanger avec eux, c’est un des meilleurs côté de mon job. Nous avons fait un Meet Up début Juillet et c’était vraiment top !

 


Cavali'Erre: *Vous arrivez en fin de stage chez Horsealot. Quelles sont vos perspectives professionnelles? Pensez-vous pouvoir continuer à exercer votre métier en lien avec le monde équestre ?

Déborah: J’arrive effectivement à la fin de mon alternance chez Horsealot. Pour la suite, déjà je change de région car mon compagnon a été muté et je le suis. Comme je le disais plus haut, j’ai plusieurs projets en développement (nous n’allons pas en parler maintenant mais si tout fonctionne, vous ne devriez pas trop tarder à en entendre parler !) donc je vais me concentrer dessus et puis bien sur, continuer à chercher à travail dans le secteur équestre ! Je pense pouvoir continuer à exercer mon métier oui ! Il faut toujours croire en ce qu’on souhaite réaliser :)
 


Cavali'Erre: *Quelle formations et parcours professionnels peuvent mener à votre métier? Que diriez-vous à ceux qui souhaiteraient l’exercer?

Pour ma part, j’ai fait un parcours en communication, une école de communication pour commencer, une licence en marketing et commercial et pour terminer, un Master en communication digitale. Pour être Social Media Manager ou Community Manager, il n’y a pas encore de formations spécifiques car c’est encore un peu flou pour les entreprises ;) 


Pour ceux qui souhaitent effectuer ce métier, je leur conseillerai de ne pas se contenter d’être simplement Community Manager mais de voir un peu plus grand car d’ici quelques années, un simple Community Manager ne suffira plus ! Il faut être polyvalent !

 


Cavali'Erre: *Qu’est-ce que l’exercice de ce métier vous apporte au quotidien?
 

Déborah: Au quotidien, mon métier m’apporte le lien aux chevaux qui est plus qu’appréciable ! J’aime rechercher des images ou les dernières actualités équestres et je me dis que c’est un plaisir mais aussi que ça m’avance sur mon travail. C’est l’avantage de travailler dans le secteur qu’on aime, ce n’est plus vraiment du travail!
 


Cavali'Erre: * Un dernier mot ? 
Déborah: 
"Choisissez un travail que vous aimez : vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie!” Confucius.

J'aime beaucoup cette citation, qui reflète bien la façon dont Déborah à réussi à conjuguer travail et passion. Son exemple très inspirant nous montre qu'il est possible de glisser sa passion équestre dans bien des métiers différents, et parfois inattendus.

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver Déborah sur son profil Horsealot.

Et pour suivre le blog sur Horsealot, c'est par ici.


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Ceci est une révolution !


Attention, attention, nouvelle exceptionnelle. Chers cavaliers et cavalières, je dois vous parler de quelque chose d'incroyable, que dis-je, impensable, voir même inouï! Vous n'avez pas osé en rêver, ils l'ont fait !


Vous l'avez détesté, honni, haï. Il vous est pourtant indispensable pour monter à cheval, sans lui c'est la galère. Il dépasse, il gène, il rebique, il fait du bruit, il gratte parfois. Mais sans lui, rien ne tient, ça bouge, ça fait mal... Vous l'avez reconnu?

Oui, je parle bien du célèbre scratch du pantalon d'équitation! Vous savez, le truc moche qui est censé tenir le mollet?

Eh bien, je dois vous le dire : il est en voie de disparition! Oui, je sais, vous êtes choqués. Vous ne pensiez pas voir ce jour arriver. Mais il est bien là. Ou plutôt, ils sont là. J'ai nommé: les pantalons d'équitation sans scratch. Alors oui, ceci est une révolution. Adieu galères, bonjour confort! Vous ne pourrez plus vous en passer!

Y'a plus de scratch! (Modèle Léa, d'Equithème)

Voilà, je me devais de partager avec vous cette information de premier ordre qui devrait transformer votre vie de cavalier. En tout cas, depuis un an que je l'ai découvert, ça a changé la mienne! Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine!


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Partir seul en balade à cheval en 3 conseils

Partir seule en balade à cheval, 10 ans que je ne l'avais pas fait. Alors quand on m'a proposé de monter un peu une jument en extérieur, vous pensez bien que je n'ai pas pu refuser! Et c'est un vrai bonheur, ce tête à tête en extérieur avec un cheval.

Tête à tête équestre

Mais quand même, ce n'est pas la même chose que de se laisser guider par une personne expérimentée. Voici 3 points-clés qui me semblent importants pour apprécier une balade en (presque) solitaire à cheval.


1) Anticiper

Une sortir en extérieur, ça me s'improvise pas. Il faut un minimum de préparation. Préparation matérielle d'abord, car il est essentiel d'avoir son téléphone sur soi, au cas où (avec un sac-ceinture par exemple).

Mais aussi anticiper d'une part en se renseignant. Savoir où on veut aller, repérer les chemins. Google Maps, c'est super pratique pour repérer les cul-de-sac (dixit la fille qui a fait plusieurs fois demi-tour en balade...), mais le mieux, c'est d'y aller pour connaitre la nature des chemins. Ben oui, si c'est que de la caillasse, tu risques de ne pas t'amuser beaucoup, et ton cheval non plus. C'est pas mal aussi de savoir si tu vas croiser des passages à niveaux, des ponts, des autoroutes (oui, chez moi, tu peux avoir tout ça plusieurs fois en 2 heures de balade).

J'aime pas les passages à niveau!

Anticiper par ailleurs en apprenant à connaître ton cheval, son comportement et ses peurs. Savoir s'il a peur des voies ferrées, des ponts, des vaches... (Si, si, c'est possible, la jument que j'ai montée a peur des étables avec les vaches qui meuglent ou bougent dedans!) Je te conseille de partir d'abord avec un autre cavalier pour apprendre à connaitre ses réactions, et aussi savoir quand lui faire confiance.

Une super jument qui n'a pas peur sur le pont de l'autoroute


2) Être attentif


Une fois parti en balade, il est important de rester toujours attentif. Autant en rando organisée tu peux compter sur le guide et les autres cavaliers pour te prévenir d'un danger, autant quand t'es tout seul ben... t'es tout seul quoi! Alors le coup de téléphone pour raconter ta vie à ta meilleure amie, ça attendra la fin de ta balade.

Il est important d'abord d'être attentif à l'environnement, pour pouvoir anticiper les réactions de ton cheval. Repasser au pas quand un motard déboule face à toi par exemple, ou repérer les oiseaux qui se planquent dans les fourrés pour décoller juste au moment où tu passes (à croire qu'ils le font exprès les piafs!).

 
Un pré avec des chevaux: attention aux réactions!


Écouter son cheval aussi, être attentif à son comportement. C'est toujours vrai dans toutes nos relations avec les chevaux, mais cela devient encore plus important en extérieur où les conséquences peuvent être encore plus graves. Sentir quand un cheval est inquiet ou détendu pour savoir si on peut lui demander de passer un obstacle effrayant, et d'ailleurs aussi reconnaitre quand il est effrayé. Être attentif aussi à sa fatigue et à ses besoins pour adapter son parcours. J'ai par exemple monté une jument pieds-nus. Entre sa tendance à aller chercher les bordures de chemin et ses ralentissements dès qu'on quitte l'herbe, j'ai vite compris qu'elle est très sensible des sabots et qu'il vaut mieux prévoir un parcours avec le plus d'herbe possible.

Le chemin qui fait mal aux pieds

3) Profiter

Quand on a réuni toutes les conditions pour que tout se passe bien, l'essentiel est de profiter. Pas besoin de vous expliquer ça, je pense! Voilà plutôt mes souvenirs d'une chouette balade.

Tête à tête et corps à corps, mission centaure. Deux attentions dans la même direction. D'abord traverser le village, entre les maisons, sur le goudron, le calme de l'après-midi et les tondeuses à gazon. Se perdre, un peu, avant de trouver notre chemin. La voie ferrée, première épreuve à surmonter, et si vite passée. Elle et moi, moi et elle, nous dans la plaine. Explorer les chemins, découvrir notre chemin. Une destination, des envies. 

Lignes droites dans la plaine

Chemins de cailloux qui piquent les pieds, à éviter. Plaisir de l'herbe sur les bords de chemins, pour les pieds et les dents. La joie de galoper pour la première fois sur les sentiers de mon enfance. Allée ombragée dans les bois. Jument curieuse, redécouvrir les lieux avec son regard. Une cabane sous les sapins. Le regard qui porte au loin dans les champs. Des allures à l'aune de mon humeur, juste écouter nos envies. Les galops quand l'herbe est tendre, et trotter pas si loin des voitures, des camions.

Allée forestière

Aller à cheval saluer ma grand-mère, voir son plaisir de caresser un cheval. C'est ainsi voyager chez soi.

Quatre sabots qui résonnent sous un pont, un seul son. L'odeur de nos sueurs mêlées sous le soleil. Une seule ombre. Le silence de la plaine, à nous seule confiée. Le bleu du ciel strié de blanc par les coups de pinceaux hésitants d'un peintre débutant. L'air qui devient vent dans la vitesse de notre élan. Le corps qui change de rythme pour s'accorder au sien, un souffle de liberté et de sérénité. Du haut du pont, le regard qui porte sur le lointain. Une compagnie de perdrix qui s'envole dans un claquement d'ailes, des chevreuils dans un champ. Ce calme qui s'empare de moi, marcher simplement et être là, pour profiter.


Derniers galops pour déverser notre énergie, et puis déjà retour à l'écurie pour notre repos du soir. Ce qui reste alors, simplement une fatigue sereine. Une promenade partagée, des instants dont j'ai profité.

Anticiper, être attentif et profiter, voilà pour moi les ingrédients d'une promenade équestre réussie!

Et vous, quels sont vos conseils pour partir seul(e) en balade à cheval?



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[Impressions] De Lucerne au mont Rigi

L'automne dernier, je partais passer quelques jours en Suisse. Pas de chevaux, mais d'autres moyens de transport. Souvenirs.


Automne intemporel sur le lac


Les heures de train. À travers les vitres, la terre qui reverdit et se soulève doucement, comme un voyage dans le temps. Les maisons qui deviennent des chalets aux linteaux de bois en dentelle colorée. Arrivée à Lucerne, zoom sur la fête foraine, les chaises volantes prêtes à décoller. Ici, les bâtiments semblent ne pas avoir quitté le siècle dernier et gardent un charme ancien.



Il est un charme intemporel à cet automne suisse, des couleurs de verdure qui se parent doucement de reflets rouges et orangés, de châteaux anciens et de demeures ciselées, de chalets perdus et de verts pâturages. Le lac est fin et élancé, enserré tendrement par les montagnes hautes et les douces collines ondulantes. La brume vient caresser les sommets aux pins d’un vert profond. Douces forêts aux couleurs changeantes, qui parfois cachent un abri majestueux. Quand notre navire avale les eaux, les villes défilent, et les coins et recoins se révèlent. Prairies encore chargées de leur herbe printanière et vaches paisibles.




 
Déjà l’arrivée à bon port, pour rejoindre le premier train de montagne d’Europe. Un simple wagon sur un rail à crémaillère, qui se hisse une régularité claquante pour révéler entre les arbres la majesté du lac bordé de montagnes. Parfois, les cascades s’égayent si bas sous nos roues. Les villes deviennent des points, et eau et rocs dominent. 




Un abri à la vue imprenable, regard plongeant sur un lac calme, et face aux montagnes. Comme un écrin isolé par la brume, dissimulant doucement aux regards les pics lointains pour révéler notre bulle. Palissade de bois, flanc de montagne rocheux, arbre voisin, cocon de couleur et grisaille au loin. Douceur de blancheur sur les monts si bas. Chaleur réconfortante de l’abri. Alors le soleil tire sa révérence dans un dernier éclat, fait rougeoyer l’horizon en un clin d’œil à son absence du jour, jusqu’à une dernière langue de feu qui nous salue.
 



Et puis si vite la noirceur de la nuit, si pure et si profonde. Au loin le lac qui pétille et étincelle, lumières en ribambelle. Et la pluie qui vient nous saluer, étonnée et souriante de notre présence. Doucement, doucement, ce serpent de lumière qui jaillit et s’impose, guidé par des rives insouciantes. Alors grondent les gouttes, résonne le toit, pour bercer les dormeurs.



  

Bientôt en Suisse...

 


Peut-être est-ce ce voyage qui m'a influencé, je ne sais pas vraiment. À moins que ce soit cet autre souvenir d'un beau matin suisse... En tout cas, je retourne bientôt en Suisse, à Berne, cette fois pour y travailler et y vivre. Je serais donc peut-être moins présente sur le blog dans les semaines à venir, mais je ne vous oublie pas! 

http://www.cavalierre.fr/search/label/Je%20dis%20voyage...


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{Métier} Sabine Grataloup, directrice de l'agence de voyage Randocheval

Faire de sa passion un métier. Un rêve de beaucoup de cavaliers. Mais avez-vous pensé aux métiers non équestres, mais en lien avec les chevaux? Sabine Grataloup et son mari ont ainsi conjugué leur passion et leur métier en créant Randocheval, l'agence de voyage dédiée aux cavaliers.

Sabine Grataloup a eu la gentillesse d'accepter de répondre à mes questions afin de vous présenter son métier. Bonne lecture!


Cavali'Erre: *Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
 
Sabine Grataloup: J’ai 44 ans, je suis mariée et j’ai deux enfants de 8 et 10 ans. Je vis à la campagne dans la région lyonnaise avec nos deux chevaux ibériques, le poney des enfants, et Tattoo, notre chien border-collie.




* Pouvez-vous nous présenter votre métier en quelques mots ?
 

S.G.: Avec mon mari Thomas, nous avons créé Randocheval en 1998, une agence de voyages équestres qui envoie des cavaliers dans plus de 50 pays chaque année. 

Nous travaillons avec des guides équestres locaux, que nous sélectionnons et dont nous testons les programmes. Il peut s’agir aussi bien de randonnées équestres que de séjours en ranchs, des safaris à cheval en Afrique, des stages d’endurance…



Nous nous engageons ensuite avec ces guides sur un partenariat à long terme. Certains guides ne travaillent quasiment qu’avec nos clients toute l’année, c’est une relation de confiance mutuelle.


Il est essentiel pour nous de contrôler régulièrement la qualité de nos voyages, car la Loi française sur les ventes de voyages est très contraignante et engage la pleine responsabilité de l’agence de voyages.


Nos clients nous font confiance pour réaliser certains de leurs rêves, nous devons être à la hauteur !

 

* Comment vous est venue l’envie de créer une agence de voyage équestre?

 
S.G.: Mon mari et moi-même sommes passionnés de chevaux et de voyages depuis toujours. C’est même ce qui a contribué à nous rapprocher !


A chaque voyage, nous essayions de trouver un moyen de monter à cheval, mais c’était difficile, nous perdions du temps à chercher un centre équestre en arrivant sur notre lieu de vacances, puis à planifier des sorties à cheval, et en fin de compte, nous ne pouvions monter qu’un jour ou deux, sur des chevaux dont la fiabilité et la qualité n’était pas toujours au rendez-vous.


C’était très frustrant, et nous nous sommes dit que nous n’étions certainement pas les seuls cavaliers voyageurs dans ce cas. Tout est parti de là.



* De l’extérieur, nous pourrions imaginer que vous passez votre temps à tester des randonnées à cheval partout dans le monde. Mais qu’en est-il réellement ? A quelle fréquence êtes-vous réellement avec des chevaux ?


S.G.: C’est une très bonne question. Personnellement, nous avons nos chevaux à la maison, nous sommes donc avec eux jour et nuit, mais ce n’est pas directement lié à notre profession, c’est un choix personnel.

Les repérages sont bien sûr la partie la plus agréable de notre métier, nous partons une dizaine de fois par an. Depuis le début de l’année, par exemple, je suis allée au Maroc, au Costa Rica, en Namibie, en Mongolie (3 fois), dans le Médoc…



Mais 80% de mon temps, je suis à l’agence : il faut coordonner l’action des 11 personnes qui travaillent avec nous, faire les sites web, la brochure, être présents sur les salons, gérer l’entreprise…

 

* Pouvez-vous nous décrire une de vos journées-type au travail?


S.G.: La première chose que je fais en arrivant, ce sont les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Google+, Pinterest… à la fois pour Randocheval, Randocheval Mongolie, Mongolia Travel & Tours (la version anglophone de nos voyages en Mongolie), Ride in France (le site dédié aux cavaliers étrangers qui veulent venir en France) et Absolu Voyages (nos voyages non équestres).

Nos clients sont des passionnés, comme nous, et nous échangeons beaucoup de commentaires et d’impressions.


Je trie les photos de nos derniers repérages, pour les utiliser sur les sites web et les réseaux sociaux.


J’ai aussi développé un savoir-faire dans la prise de vues et le montage de vidéos : je ramène des dizaines de gigas de rushs de chaque voyage, qu’il faut monter avec des logiciels de stabilisation et de retraitement d’image, ce qui prend du temps. C’est très apprécié des cavaliers, qui peuvent découvrir les voyages en immersion et se faire une idée précise de ce qui les attend.



Ensuite, mon travail quotidien dépend de la période de l’année : en janvier-février, c’est la clôture des comptes de notre entreprise en Mongolie, donc je fais de la comptabilité en Mongol ! En avril, c’est la clôture des comptes en France, je passe donc à la comptabilité en Français...


Tout le premier semestre est très occupé par la Mongolie : je calcule les circuits à la carte, je communique beaucoup avec notre équipe sur place…


L’été est plutôt consacré aux sites web : nous en avons 5, dont je refais régulièrement les maquettes. Je le fais à cette saison, pour que l’équipe Randocheval fasse les mises à jour de l’année suivante sur la nouvelle maquette.


En septembre, je crée et mets en forme nos voyages en Mongolie de l’année suivante (randos à cheval, voyages de découverte et treks) : itinéraire, calcul des prix, mise à jour des sites web en français et en anglais.


En octobre, c’est la période à laquelle je fais la nouvelle brochure Randocheval. Elle est très attendue et c’est un travail essentiel de synthèse de tous nos voyages.


C’est ensuite la période des salons : Equita Lyon début novembre et le Salon du Cheval de Paris début décembre.
Voilà, nous avons fait le tour de l’année !

 

* Quelles sont les difficultés et les joies de votre métier ?


S.G.: Les difficultés sont celles de tout entrepreneur qui doit assurer la pérennité de son entreprise et des emplois qu’il a créés. Il y a un très gros risque financier, puisque la législation oblige à apporter en caution de l’entreprise l’équivalent de 20% du chiffre d’affaires annuel sur nos biens personnels, ce qui devient vite très important.

Nous sommes heureux de les avoir surmontées avec une certaine réussite, puisque nous sommes 13 personnes en France, et environ 50 en Mongolie, si on compte les guides, chauffeurs, nomades, cuisiniers… qui travaillent sur nos voyages. Nous sommes maintenant une des 3 premières agences équestres au monde.


Les joies sont essentiellement dans le fait de vivre de notre passion, et de la partager avec nos clients : je ne suis jamais si heureuse que lorsque je galope aux cotés de clients en Mongolie, et que nos regards se croisent avec tellement de bonheur partagé qu’il n’y a pas besoin de mots.



Une autre grande joie est d’avoir donné du travail à tant de personnes en Mongolie où nos familles nomades peuvent sécuriser leur quotidien, tout en ayant la fierté de voir des occidentaux traverser la moitié de la planète pour venir les voir. 

 

* Quelle formations et parcours professionnels peuvent mener à votre métier ? Que diriez-vous à ceux qui souhaiteraient l’exercer ?
 

S.G.: Nous avons fait une Ecole de Commerce, celle de Grenoble (Grenoble Ecole de Management). Cela nous permet de prendre en charge les éléments essentiels d’une agence de voyages : marketing, commercial, communication, gestion…

Il est essentiel d’être cavalier randonneur, bien sûr, mais le diplôme de guide n’est pas indispensable, puisque nous ne guidons pas nous-mêmes les randos.


Il y a aussi des compétences particulières au monde du tourisme : parler anglais, et maîtriser le système de billetterie aérienne car nous émettons nous-mêmes nos billets d’avion (nous sommes agréés IATA). Je crois que nous sommes la seule agence équestre à le faire, les autres font émettre leurs billets par d’autres agences. Cela nous permet de proposer des tarifs aériens imbattables.


Les personnes qui travaillent chez Randocheval et s’occupent des réservations sur les différentes destinations ont en général un BTS Tourisme, qui leur assure une formation à la billetterie aérienne, un niveau suffisant en anglais et la connaissance des contraintes légales liées à la vente de voyages.


Elles sont bien sûr toutes cavalières.


C’est un métier exigeant, car vous conseillez des personnes passionnées.



* Avez-vous une anecdote  personnelle qui représente votre métier ?


S.G.: Lorsque nous partons en repérage, c’est généralement hors saison, pour tester la randonnée avant l’arrivée des premiers clients, ou en fin de saison pour tester les randos de l’année suivante. Du coup la météo n’est pas toujours de la partie, mais nous devons tester les conditions réelles de la rando, y compris au niveau hébergement.

C’est ainsi que je me suis retrouvée en mai dernier à camper en Mongolie par -10°C dans le désert, c’était… revigorant !


Mais la joie de voir se concrétiser un itinéraire auquel j’avais rêvé pendant des années a largement compensé ce « léger désagrément »…

 

* Qu’est-ce que l’exercice de ce métier vous apporte au quotidien ?


S.G.: J’ai la grande chance de vivre de mes passions, et de les partager avec mon mari. Et maintenant, nos enfants commencent à nous suivre en rando, c’est une expérience magique pour la maman cavalière que je suis!
 

* Un dernier mot ?
 

S.G.: Randocheval a été créé sur un pari : celui de voir si d’autres cavaliers partageaient les mêmes rêves que nous.


Nous avons maintenant créé une grande communauté de "cavaliers rêveurs" unis par le même amour du cheval, de la découverte et des rencontres, et cela donne du sens à l’action de chacune des personnes impliquées dans l’aventure Randocheval !


***
Voilà des réponses qui révèlent que la conjugaison de la passion et du travail permettent de très belles réussites. Est-ce ainsi que vous perceviez ce métier? Est-ce un métier qui vous plairait?


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