Randonnée au Sénégal 3 - Terre de contrastes

Et si je vous enmenais de nouveau en rando avec moi? Venez, pour affronter l'arrivée du froid, on repart au Sénégal. Après les oiseaux, je vous raconte ma découverte de la mangrove, à cheval bien sûr

Petit jeu: trouver la vache

Réveil face à la mer, sous le soleil et les palmiers.
 
Départ de la plage par les terres aux herbes brunes. Partout, toujours, encore les oiseaux, entendus ou entraperçus : calaos, courlis d’Abyssinie, vanneaux, …

Soudain, un horizon de verdure apparait derrière une étendue d’eau: c’est la mangrove. Du dos de nos chevaux, nous caressons le sable, voyage en bordure de mangrove. L’eau à nos côtés qui étincelle au soleil, et protège par sa présence la verdure d’autant plus tentante qu’elle est inaccessible.
 

Il y a un chacal sur cette photo... si, si, la forme au milieu, c'est un chacal!
Oiseaux, flamants presque roses qui marchent à l’égyptienne et s’envolent à notre approche, pélican géant qui veille sur son univers aqueux, crabes violonistes avec leur drôle d’allure asymétrique qui crépitent en équipe sur le sol. Là un chacal aux allures coulées tel un renard. Ici un zébu perdu derrière les arbres.
 
Pélican

Alors nous retrouvons l’univers des hommes, avec ses pirogues géantes et l’embarcadère « d’Akoulé ». Voilà un nom plutôt risqué au-dessus de l’eau!

Le pas de nos chevaux nous mène alors sur une large étendue de sable au bord de l’eau. Les salines, que nous traversons en suivant les traces d’un chemin sinueux. Cratères au cœur de sang, issus de la bataille des hommes, de la mer et du soleil. Tas de sels étincelants au soleil qui clament la victoire. Au galop, nous croisons un cheval curieux qui nous observe au pied de sa charrette penchée pour se reposer.
 
Les salines


Pour atteindre l’autre rive, nous devons contourner la mangrove. À peine le temps de saluer les travailleurs lors d’un passage à toute la vitesse de notre galopade, avant un passage dans la brousse et ses herbes brunes qui s’étendent jusque sur le chemin.
 


C’est alors le retour en bordure de mangrove, au bord de l’eau, au pays des hyènes que nous ne croiserons pas. Celle-ci nous offre une belle plage intérieure sur laquelle Molnai et moi semons notre guide dans une course effrénée. Heureusement, Molnai connait le chemin et je lui offre ma confiance pour me guider sans nous perdre. Notre retour au milieu des arbres est salué par le chant et la danse du calao.
 

Nous traversons alors les champs de cacahuètes, laissés vierges à cette époque de l’année, simples champs de sable marqués de sillons effacés. Puis retour dans les arbres et pause sous l’ombre des feuillus, aux drôles de feuilles ovales cartonnées.
 

Pause de midi, à l’ombre du soleil. Couscous et poissons avec Marie, et l’éternelle sauce aux oignons. Petite sieste, et le thé, jeu de patience, préparé et bien oxygéné par Doudou.
 
Pour Caramel aussi, c'est l'heure de la pause


Après-midi retour vers les salines, le sable et les arbres et les oiseux. Et le sable encore. Sortie de Palmarin le long de la mer, flamants et pélicans dans les étendues d’eau, canaux et plats de sable trompeurs.
 

Opération sauvetage de vache enlisée pour Doudou, exercice compliqué.
 

Retrouvailles avec la mangrove et sa population ailée. Nous y aventurer. Chevaux qui lèvent les pattes et remuent l’eau. Soudain, si vite : contraste. Désert immédiat, plat et sable étendu jusqu’au bout du regard. Traces de roues en tous sens, zigzag, perte de repères. Traces de hyènes. Sol qui change, tantôt couvert d’une couche craquante, tantôt mou, tantôt herbu, et son des sabots en harmonie.
 
Désert au sol surprenant et ciel menaçant

Tiens, des pintades, dont la course semble un vol sur le sol.
 

Un ciel qui s’assombrit, rideau tombant de dentelle grise.
 

Traversée de la mangrove, passage secret. L’eau qui monte, monte, et tunnel végétal les pieds dans l’eau. Derrière, les petits palétuviers, parsemés.

Passage secret sous les palétuviers

Horizon qui brunit, levée du vent, sable en tempête, ciel et terre uniformes de couleur. Il pleut ! Grand galop pour défier les gouttes, les bergers rentrent les bêtes et les enfants jouent sous la pluie.


Entre ciel et terre

Arrivée chez Hélène, nous mettre à l’abri. Regarder tomber les gouttes généreuses et denses. Tenter de se rappeler le soleil si intense du matin.


Confort spartiate, douche à ciel ouvert, sans eau courante.


La douche-toilettes... Et oui, c'est spartiate!

Tombée du jour sous la mélodie de la pluie sur le toit de palme. Détente. Grillons ponctués du cri des hyènes dans la nuit.



C'était l'histoire d'une nouvelle journée cavalière, des souvenirs d'un pays plein de chaleur pour contrer aujourd'hui l'arrivée de l'hiver.

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Souviens-toi François : Liberté, Egalité, Fraternité

Cher François,

Aujourd’hui, je voudrais te parler de ces gens que j’ai rencontrés, croisés pour un instant, un jour ou des années.


Il y a cette famille dont j’ai oublié le nom, après tout, je n’étais qu’une enfant. Mon premier thé à la menthe dans les règles de l’art, dans une cour poussiéreuse sous le soleil de Djerba, offert spontanément en remerciement à des inconnus et leurs petits-enfants, venus apporter des photos de classe retrouvées d’un grand-père ou d’un arrière-grand père.

Lui s’appelle B., il est Mongol, il croit je crois à l’âme du bouddhisme. Il a connu les hivers rudes qui vous glacent le cœur et ravagent vos troupeaux. Il a connu l’époque soviétique et l’oubli de la culture nomade. Il a connu l’alcool et son attraction dévorante. Aujourd'hui, il accueille les touristes et leur fait découvrir son pays avec un sourire d’où déborde la joie de son âme.
 

Il s’appelle D., il est musulman, enfin un peu, pas très pratiquant pour son Sénégal natal. Il lutte pour sauver sa petite entreprise et ses chevaux, sa passion, qui font découvrir les tans et les mangues aux visiteurs.

Il s’appelle Y-W., il est sud-coréen, et en quelques réflexions il m’a fait prendre conscience du fossé qui sépare nos deux cultures, lui qui se demandait si il est vrai que les français ne se lavent pas.


Elle s’appelle N., et quand je lui ai proposé un gâteau pendant le ramadan, elle a décliné d’un sourire. Avec B., elles m’ont offert une paire de boucles d’oreilles que je garde précieusement, pour mon départ de ce travail où j’étais leur collègue.


Elle s’appelle K., elle fait découvrir pendant ses vacances sa Pologne natale aux voyageurs de passage, avant de repartir explorer la vie en Chine pour ses études.


Elle s’appelle M., et parfois elle me parle de la guerre. De partir sur les routes pour fuir l’ennemi qui arrive, sans savoir où aller, et puis rentrer, et de sa vie dans un village occupé. Oui, parfois, elle me parle des allemands, ma grand-mère.


Il s’appelle K., il parle arabe, il est libanais, et il est catholique.


Il s’appelle R., et il me raconte les souvenirs de son enfance en Tunisie. De ce pays qu’il aime tant, dont il craint pour l’avenir. Il me parle de rentrer en France parce que c’est la guerre, mon grand-père.


Il n’est qu’un regard hagard croisé sur une photo dans un journal, un regard qui dit la fuite et la peur, et l’espoir d’un monde meilleur.


Elle s’appelle K., elle a mon âge, et pourtant, elle a connu les coupures d’électricité dans son enfance et les devoirs à faire sans lumière. Jeudi, elle avait peur pour les siens à Beyrouth, vendredi elle avait peur pour ses amis à Paris.


Elle s’appelle A., elle a rencontré R. la semaine dernière et partagé la musique avec lui. Samedi, elle a appris que cette première rencontre serait aussi la dernière.

Ils me disent la souffrance, ils me parlent d’espérance, ils croient en la tolérance. Ils sont d’ici ou d’ailleurs, citoyens du monde, et ils portent haut les valeurs de la France. Liberté, Egalité, Fraternité.



Et puis il y a toi, François. Toi qui t’appelle X., Y. ou Z.. Toi François le « Françoys », si fier de n’avoir pas une goutte de sang d’ailleurs. Toi, François, ou Françoise, qui me critique parce que j’ai n’ai pas brandi fièrement le drapeau de ma France avant aujourd’hui (même si je travaille pour elle, moi, mais ça tu y accordes peu d’importance). Toi qui n’as jamais franchi les frontières de notre si beau pays, toi qui n’a nulle conscience de ta chance d’y être né. Toi qui as grandi avec la paresse du confort et la faiblesse de l’âme qui jamais ne s’interroge. Toi qui rejette les réfugiés désespérés à cause d’un passeport retrouvé « comme par hasard » entier près des débris d’un écervelé. Toi qui accuse une communauté et la stigmatise sans même avoir jamais réellement échangé avec l’un de ses membres. Toi François, qui te replie sur ta pseudo-vertu de bon français et innonde les réseaux sociaux de lettres immondes.


C’est à cause de toi, François, toi et ta haine irraisonnée, que j’ai mal à ma France. Je pleure pour ceux qui sont tombés sous les coups d’une autre haine insensée, mais à cause de toi j’ai mal à mes valeurs (oserais-je dire à « nos » valeurs ?). Oh non, je ne suis pas parfaite, moi aussi je connais l’intolérance. Je ne prétends pas non plus que ceux que tu rejettes sont parfaits, mais je m’interroge. Je sais que le monde n’est ni tout noir, ni tout blanc, et je sais qu’il est beau aussi en dehors de ma France. Je sais aussi aujourd’hui ce que c’est que d’être l’étranger dans un pays.


Je crois profondément en nos valeurs, en cette solidarité qui s’élève comme en janvier des cœurs français. J’aimerais simplement, François, que tu ouvres un peu les yeux, que tu étendes ton horizon, que tu comprennes les enjeux du monde d’aujourd’hui, qu’ils sont bien plus grands que ta petite personne. S’il-te-plait, François, rend-moi fière de notre France.


Liberté  Égalité  Fraternité.



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Il y a peu, ma copine blogueuse Aileza nous proposait d’écrire une lettre à François pour l'After des Apéros Cosmiques. J’aurais voulu cette lettre pleine d’humour et de légèreté, mais la vie en a décidé autrement. Alors je lève mon verre en hommage à ceux qui nous ont quittés trop tôt, et à mon pays que j’aime tant.




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Le Gurten: la nature au coeur de Berne

Aujourd'hui, je vous invite à une petite promenade en images. Ma découverte du Gurten, la montagne qui surplombe Berne. 860m d'altitude, et surtout accessible en transports en commun à moins de 15 min du centre-ville. Une jolie excursion tout près de chez moi, et une vue à 360°C sur la ville et les montagnes, avec un grand soleil et un ciel dégagé sur les montagnes enneigés. En grande sportive que je suis, j'ai fait la montée en funiculaire, mais quand même la descente à pied.

 
Vue aérienne sur Berne


La tour en haut de la montagne

Berne, la vieille ville et l'Aare

Le palais fédéral

Campagne Suisse

Au loin les Alpes enneigées

Les vaches qui surplombent la ville

Heureuses les vaches du Gurten!

Horizon

La ville au loin

Ville et feuillages

La poubelle dans les bois, ou pourquoi la Suisse est si propre

Chemin d'automne

Voilà quelques images de ma chouette nouvelle ville. Et le bonus: mon centre équestre est situé au pied du Gurten, et il organise des balades certains dimanches :-)
 
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Prendre des cours d’équitation dans un autre pays: j’ai relevé le défi

Partir vivre dans un autre pays, même proche du nôtre comme l’est la Suisse, c’est découvrir une autre culture, des différences qui touchent tous les aspects de la vie, même pour le sport. L’équitation ne fait pas exception.

Je vis désormais à Berne, capitale fédérale de la Suisse et où la langue parlée est le Suisse-Allemand. Non pas l’Allemand, que je parlais plutôt bien il y a quelques années et qui me revient progressivement, mais un dialecte local très particulier qui reste encore très incompréhensible à mes oreilles françaises.



En cherchant un centre équestre, le premier défi est donc de comprendre et de se faire comprendre ! Heureusement, la plupart des Suisses-Allemands parle aussi allemand, avec plus ou moins d’accent il faut l’avouer, et parfois le français.


Le deuxième défi, c’est de trouver les adresses des centres équestres alentours. Non seulement il n’y a apparemment pas de fédération comme la FFE avec un super site web avec une liste des centres équestres suisses, mais en plus à Berne, la « Reitschule » (littéralement Ecole d’équitation), c’est une salle de spectacle ! 


Le troisième défi est lié aux horaires : dans ce pays où les magasins ferment à 17h le samedi, il n’y a le plus souvent pas de cours d’équitation le samedi après-midi, jour où j’avais du temps pour partir en repérage.


Bref, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis armée de ma conviction de cavalière que monter à cheval mérite bien de relever ces défis. J’ai réussi en explorant le web à trouver quelques adresses et j’ai écouté la douce voix informatique de mon GPS. 


Premier essai, personne à l’horizon, des poneys avec des couvertures usées qui errent dans une carrière, je repars. Deuxième essai. Ça commence mieux, y’a du monde ! Une cavalière sympa prend même le temps de m’orienter vers la mono, dont j’attends la fin du cours avant d’aller la voir. Première impression plutôt positive : elle s’occupe de ses cavaliers avant des visiteurs. Deuxième point positif : je comprends son allemand. Quand je lui dis que je monte à cheval depuis 15 ans (déjà !), elle me propose de rejoindre le cours de niveau avancé. Ouf, pas besoin de passer les diplômes suisses ! Allez, je me lance, RDV dans 3 jours pour un essai.


Attention, première épreuve , celle de l’attribution du cheval. Après avoir retenu un fou rire et m’être interrogée sur l’humour suisse en apprenant le nom de mon cheval, je fais connaissance avec « Findus » (prononcez « fine-douce »), petit alezan costaud et courtaud (oui « fine-douce » est couleur moutarde…). Je ne sais pas si ce choix est un test pour connaître ma résistance à l’absence de confort à cheval, mais je découvre aussitôt les joies du tangage de gauche à droite puis de droite à gauche sur cette monture aux allures très (très) marquées.


Heureusement il y a Findus... La preuve que je ne l'ai pas inventé!

Au-delà de la barrière du langage, j’ai découvert ici une toute autre conception de l’enseignement de l’équitation. D’abord on choisit un cours, soit dressage, soit obstacle (enfin « gymnastique de saut », j’aime bien ce petit nom), mais on ne mélange pas les deux disciplines. Je rejoins donc pour l’instant un cours de dressage (mais mon petit doigt me dit que je ne vais pas tarder à tester le CSO au pays du champion olympique). Et là, retour à mes débuts de cavalière : on travaille toute la séance en reprise, les unes derrière les autres ! Ce qui est très très bizarre pour moi qui aie l’habitude de détendre et travailler individuellement. Mais je dois avouer que c’est super pratique pour savoir ce qu’il faut faire, vu que je ne comprends pour l’instant que la moitié des consignes. Il suffit de copier celle qui est devant. Normalement, la monitrice explique en suisse-allemand puis en allemand puisque nous sommes 2 à ne pas comprendre le suisse-allemand. Je me demande pourtant souvent quelle langue elle est en train de parler… Je vous laisse imaginer le résultat et mes yeux ronds au moment où je me suis retrouvée en tête et que la mono m’a donné une consigne !


Finalement, le fait de travailler en reprise est un avantage pour moi dans cette situation, puis que cela me laisse un peu plus la possibilité de me concentrer sur la compréhension des consignes. Cela permet aussi à Anita, la mono, de se concentrer sur chaque personne l’une après l’autre à chaque fois qu’on passe devant elle. Personne n’est oublié :-) J’ai aussi été étonnée du nombre d’exercices différents qu’on a pu aborder dans une séance. Et en plus, j’ai compris toute seule ce qu’est une« Schlangenlinie » (littéralement « ligne de serpent »).


L’autre point qui m’a surprise au départ, c’est que l’enseignement est plus focalisé sur le travail du cavalier que du cheval. En France, les cours étaient souvent orientés vers la réussite ou non de l’exercice par le cheval, et comment améliorer son travail. Ici, si le travail du cheval est important, c’est principalement sur le cavalier que l’accent est mis, et notamment sa position. Si je n’ignorais pas mes défauts de position, je n’avais pas tendance à me focaliser sur ceux-ci. En moins d’une séance en Suisse pourtant, je comprenais déjà très bien les « redresse tes épaules » et « regarde au loin » en allemand tellement je les ai entendus !


Tellement d’informations à digérer, une autre langue à comprendre, une autre culture équestre à laquelle il faut m’adapter, tout cela fait que j’étais très tendue et que j’ai même réussi à avoir un point de côté (après un long moment de trot assis sur le dos d’un Findus très inconfortable, rappelons-le néanmoins). Ce jusqu’au moment où, alors que je galérais avec ma positon au galop, Anita m’a rappelé d’une phrase très simple ce principe universel qui unit tous les cavaliers et toutes les équitations : « Du muss es geniessen » , « Tu dois (le) savourer ».


Ainsi, je découvre une équitation différente de celle dont j’ai l’habitude dans son enseignement, mais qui va de toute évidence m’apporter des choses nouvelles, et me permettre de travailler d’autres caractéristiques de mon équitation (ma position, aïe !). Je trouve que cette remise en question de mes habitudes en les confrontant à une autre culture est source d’enrichissement et de progrès. Une chose est sûre, je ne regrette pas d’avoir tenté l’aventure des cours d’équitation dans mon nouveau pays !


Un autre point appréciable dans ce pays, c’est la confiance. J’ai donné mon nom et mon adresse sur un bout de papier, demandé un abonnement de 10 séances, et j’attends toujours la facture. Bref, j’ai fait deux cours d’équitation dans un club qui ne me connait pas sans avoir besoin de payer à l‘avance. Et ça, c’est surprenant pour un Française, mais tellement agréable.

Maintenant, il ne me faut tester les cours d’obstacles  en Suisse : c’est prévu pour ce soir :-)



http://www.cavalierre.fr/search/label/Je%20dis%20voyage...

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