Le vieux cheval, un athlète heureux?

Nos vieux chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux? Un cheval vieillissant peut-il rester un sportif bien dans ses sabots? Pour la nouvelle édition de la Cavalcade des blogs, Pauline nous invite à partager notre définition de l'athlète heureux. J'ai voulu m'interroger pour savoir si cette expression peut s'appliquer à tous les chevaux, et en particulier à ceux que l'on dit "vieux".

Évidemment, la définition du vieux cheval reste flou et pourrait faire l'objet d'une réflexion à part entière. Mais parlons ici de ces chevaux qui développent tout doucement ces pathologies liées à l'âge (arthrose, Cushing, fonte musculaire et autres joyeusetés...).

Alors un vieux cheval athlète, c'est quoi? Et est-ce vraiment possible? Ou nécessaire? Un athlète, c'est par essence quelqu'un qui pratique une activité physique. On peut aussi le comprendre comme quelqu'un qui entretient sa forme physique. Un peu contradictoire à première vue avec la santé qui diminue avec l'âge de nos chevaux. Et pourtant, si les vieux chevaux ne sont plus de très grands sportifs, il reste pour moi essentiel d'entretenir leur forme physique, pour leur permettre de conserver leur bien-être physique. Garder des muscles qui permettent d'atténuer les effets du vieillissement, de continuer à bouger et à s'activer. Garder la forme pour continuer à mettre la pâtée aux petits jeunes qui tentent de contester l'autorité des anciens du pré. Garder une mécanique bien huilée pour continuer à partager des moments de complicité avec son cavalier, à pieds ou monté.

"Vieille" et sportive (du dimanche...)

Et un (vieux) cheval heureux, c'est quoi? C'est un cheval qui ressent un bien-être mental. Ce qui pour moi passe avant tout par un respect, au mieux de ce qu'il nous est possible de leur offrir, de leurs besoins fondamentaux: des copains, du mouvement, et de la nourriture à volonté. Une vraie vie de cheval en fait, avec les adaptations nécessaires à ses âge et caractère. C'est un cheval à qui on laisse la liberté d'être lui-même.

Comment alors concilier ces deux idées? Le vieux cheval, un athlète heureux? Oui, si il a à la fois un bien-être mental et physique

Je crois même qu'il est essentiel de combiner aussi longtemps que possible ces deux éléments. Avoir au quotidien des conditions de vie dignes d'un cheval, et travailler régulièrement, le cavalier à ses côtés ou sur son dos, pour entretenir sa musculature et sa souplesse et donc limiter ses douleurs.

Mais aussi parce que bonheur du cheval et travail physique vont pour moi ensemble. Il ne sont pas dissociables. Un cheval à qui l'on offre une vie au pré avec copains n'y est pas forcément heureux. Surtout quand le changement est soudain et inattendu. Qui n'a pas connu ce vieux cheval de club qui est revenu de sa retraite parce qu'il déprimait au pré? Quid de ces grands chevaux de compétition qui meurent quelques mois après leur retraite bien méritée?

Avoir des activités avec son cheval, c'est non seulement travailler sur son corps, mais aussi prendre soin de son mental. C'est lui proposer des exercices pour le faire réfléchir et stimuler sa vivacité d'esprit, c'est lui proposer des nouveautés pour le changer de son train-train quotidien. C'est aussi continuer à le monter pour faire briller son expérience, et l'emmener en balade démontrer son envie de faire la course au grand galop avec ses potes.

Alors oui, il est possible de faire en sorte qu'un cheval qui vieillit reste un sportif heureux. Oui, nous avons le droit de monter encore nos vieux chevaux et de leur proposer de nouvelles expériences, tout cela dans le respect de leur intégrité.

C'est probablement pour cela que j'ai vraiment du mal avec cette idée qui considère que le vieux cheval ne doit plus être qu'une tondeuse à gazon, un retraité qu'il faudrait "laisser tranquille". Un début de pathologie de vieillesse et hop, on l'oublie dans un pré, parce qu'il y serait soi-disant heureux.

J'ai choisi de dire non à cette idée. Pour moi, un vieux cheval est avant tout un cheval. Un cheval avec une grande et belle histoire derrière lui, qui mérite notre attention et notre considération.

Ma jument a de l'arthrose. Elle boite régulièrement, particulièrement en carrière à une main. Pourtant je la monte encore (oui, j'ose!). Moins souvent, et principalement en balade. Et je peux vous assurer que dimanche dernier, elle n'était pas la dernière pour faire la course avec le petit jeune devant (bon, on n'a pas gagné quand même, mais il a quasi un tiers de son âge aussi le jeune!). Je m'interroge aussi beaucoup, et je suis loin de savoir quelles sont les meilleures solutions pour entretenir sa forme physique et atténuer ses douleurs d'arthrose. Mais quand elle me suit dans mes folies, je sais qu'elle n'est pas si mal dans sa tête. Et ça, ça n'a pas de prix.

Ma jument a peut-être 20 ans, mais je crois qu'elle est encore, au moins un peu, une athlète heureuse, parce qu'elle a une vie adaptée à ses besoins.


C'est ainsi que je vois le cheval athlète heureux, quel que soit son âge. Un animal qui a une vie équilibrée, dans le bien-être physique et mental.

Et selon vous, tous les chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux?
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Leur laisser leur liberté...

Leur laisser leur liberté... de choisir leur emploi du temps. De manger quand ils ont faim, de dormir quand ils sont fatigués, de bouger quand ils en ont envie, de jouer comme des fous ou de se trainer comme des mamies.

Leur laisser leur liberté... de s'abriter quand le soleil brille et de brouter sous la pluie, et puis de faire l'inverse. De préférer l'abri en bois à l'abri bâché. De prendre la petite porte plutôt que la grande. De choisir leurs chemins préférés.

Leur laisser leur liberté... de préférer le foin à l'herbe, pour un temps ou tout le temps. De choisir une herbe plutôt qu'une autre, de préférer un brin à son voisin. De goûter toutes sortes d'aliments, et de les aimer, ou de les refuser.

Leur laisser leur liberté... de nous ignorer. De nous snober. Ou de nous réclamer encore un peu d'attention.


Leur laisser leur liberté... de venir nous coller


Leur laisser leur liberté... de choisir leur amis. Ceux qui montent la garde pour les laisser dormir, ceux avec qui partager le trou bien pratique du filet à foin, ceux pour gratouiller cette démangeaison mal placée.

Leur laisser leur liberté... de choisir leurs inimitiés. De couiner ou de grincer des dents, de s'éloigner de l'autre grincheux, de dire "Lui, je l'aime pas".

Leur laisser leur liberté... de s'exprimer. De dire non, pas envie, pas maintenant, ça jamais. Et de dire oui, de nous suivre dans nos folies et nos envies. D'accepter de nous emmener au plus haut niveau en compétition, ou de galoper dans les allées. De choisir leur allures, de temps en temps.


Leur laisser leur liberté... de nous accompagner dans des endroits inattendus

Leur laisser leur liberté... de proposer. D'essayer, de tester, de chercher, d'explorer.

Leur laisser leur liberté... d'être entiers. Un peu brutes, un peu coquins, mais tellement riches et complexes.

Leur laisser leur liberté... d'être des individus à part entière. Avec leur caractère, leurs manies, leurs peurs et leurs folies. D'être eux-même, totalement.

Leur laisser leur liberté... un peu, de temps en temps, et de plus en plus souvent.

Leur laisser leur liberté... dans le respect. Poser un cadre, des limites, leur offrir des possibilités, et les laisser s'y épanouir.

Leur laisser leur liberté... tout simplement.

Leur laisser leur liberté. C'est l'idée qui guide profondément mes choix avec mes chevaux. Leur laisser la possibilité d'être eux-même, de s'exprimer, de vivre leur vie en faisant leurs propres choix. De ne pas dépendre de l'homme à chaque instant, mais les laisser se prendre en charge, tout en fixant un cadre clair à ne pas dépasser. Être pour eux une guide plutôt qu'une dictatrice, une compagne plutôt qu'un tyran, une gardienne plutôt qu'une propriétaire, une amie plutôt qu'une cheffe.

Une idée qu'il m'est parfois bien difficile de concilier avec les contraintes de nos vies humaines, qui se heurte en ce moment à de nombreux obstacles, mais qui continue pourtant à briller en moi.

Leur laisser leur liberté. C'est ce que je souhaite à chaque cheval, à chacun de nos compagnons de vie équins, car il n'en deviennent que plus riches, et nous avec eux.

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